[Edito] Hé Philou, tu joues à quoi ?

Thomas Simonian EditoIl était à Toulouse lundi dernier. L’occasion de lâcher une petite bombe : « Il y a deux chances sur trois pour que je me présente. Je prendrai ma décision en juin, quand tous les voyants seront au vert. Les régionales, c’est une petite présidentielle. » Philippe Saurel, fils quasi naturel de l’icône Georges Frêche, n’en démord pas. L’édile montpelliérain, paria de la rose mitterrandiste, est même donc prêt à franchir une nouvelle étape, celle de se faire trublion du jeu régional. Drôle d’idée ? P’tet ben qu’oui, p’tet ben qu’non. Encore faudrait-il connaître les dessous de cette envie d’être roi en terres occitanes. N’y aurait-il pas un peu de bluff dans tout ça ? Comme l’envie de montrer à ses ouailles montpelliéraines que leur seigneur n’a qu’un vœu pour demain : Que la terre commune ne soit pas oubliée. Le discours est d’ailleurs clair du côté de Philippe Saurel : « l’État a toujours une petite idée de notre disparition. Je me souviens de Jean-Louis Guigou à la tête de la Datar qui faisait disparaître le Languedoc-Roussillon entre Toulouse et Marseille ».

« L’homme consulte y compris à Toulouse »

Et si Saurel ne trichait pas ? Certains retours accréditent cette hypothèse. L’homme consulte y compris à Toulouse. Ses cibles : les déçus du PS et les partis de gauche peu à l’aise avec la politique gouvernementale. On parle également d’échanges avec le PRG, mais Jean-Michel Baylet utiliserait davantage l’arme montpelliéraine pour mettre la pression sur ses vrais-faux amis socialistes. Le maire de Montpellier a même tenté en son temps un rapproché avec son homologue ruthénois Christian Teyssèdre. Peine perdue. Les soutiens sont donc difficiles à trouver, mais celui qui a su créer la surprise aux Municipales envisage malgré tout une stratégie identique aux Régionales … Car la marque « anti-système » fonctionne à plein en ces temps de défiance entre la base et la classe politique. Le terrain à la faveur de l’élite. Tel est le discours, peut-être populiste de Philippe Saurel.

L’impact de cette éventuelle candidature serait sans doute réel, mais à qui profiterait le crime ? A Dominique Reynié serait-on tenté de répondre à brûle-pourpoint. Pas si sûr à y regarder de plus près … Car finalement Philippe Saurel pourrait élargir l’offre à gauche au premier tour, et ainsi permettre à Carole Delga d’assurer son second tour. Mais le véritable gagnant à une candidature Saurel n’est peut-être pas là ou on pense. Il n’est peut-être pas à chercher dans la liste des candidats à la succession de Martin Malvy. Il est peut-être au Capitole. L’axe Moudenc-Saurel fonctionne d’ailleurs à plein depuis maintenant un an ; impossible donc de ne pas imaginer que les deux hommes n’aient pas échangé sur le sujet « Régionales. »  Et quand on sait  que l’objectif pas franchement dissimulé de Jean-Luc Moudenc est d’être l’incontournable sur ses terres … A Philippe Saurel d’écrire la fin de l’histoire. Candidat ou pas candidat ? Faîtes vos jeux.

 



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