[Edito] Debout citoyens !

©Franck Alix/JT
©Franck Alix/JT

Le mouvement Nuit Debout ne semble pas faiblir. Au contraire. Avec le début de l’examen de la loi Travail à l’Assemblée nationale, mardi dernier, les manifestations ont repris de plus belle. À Toulouse, le rassemblement a même dégénéré lorsque les manifestants ont décidé d’envahir le Mc Do du Capitole… Depuis quelque temps déjà, des voix s’élèvent contre le mouvement Nuit Debout. Et chaque actualité malheureuse, de violences, de heurts, de débordements, vient alimenter ces discours. C’est dommage pour ce mouvement qui est né d’une volonté de manifester autrement, dans un esprit pacifiste et avec une organisation propre. Ce problème revient inlassablement pour tous les rassemblements dits ‘‘pacifistes’’ initialement. On l’a vu à Sivens, il y a pas si longtemps… Ce sont souvent des éléments extérieurs qui viennent perturber les choses.

Pour Nuit Debout, qu’est-ce qui se passe ? Lorsqu’on regarde qui sont les participants à la manifestation de mardi dernier, on voit qu’ils se sont associés à la CGT, à ATTAC et au DAL (Droit au logement) qui a lancé le mouvement « Y’a pas d’arrangements ? ». Ce sont les militants de ce collectif qui sont à l’origine de l’occupation du Fast Food, comme ils avaient organisé l’occupation de BNP Paribas il y a quelques semaines. Ce qui n’exempt en rien les membres de Nuit Debout, qui ont souhaité adhéré à cette démarche.  Certes, cela permet de créer une mobilisation d’ampleur. Mais le risque de dérapage, notamment avec les forces de l’ordre, est prévisible dès le départ. Est-ce que cela sert la cause ? J’en doute.

À delà de cet aspect, l’idée même de Nuit Debout, qui s’inscrit en dehors de toutes organisations représentatives, n’est-elle pas remise en cause par le fait de s’associer avec des syndicats ? À Toulouse, les membres de Nuit Debout plaident pour la convergence des luttes et rejoignent régulièrement les rangs des rassemblements initiés par les syndicats locaux. La convergence des luttes, j’y crois. Mais dans ce cas, je suis perplexe. Je ne comprends pas pourquoi Nuit Debout, qui se tient volontairement éloigné des partis politiques n’adopte pas la même attitude avec les syndicats. Des structures qui souffrent des mêmes travers que les organisations partisanes. Si l’objectif est de casser les codes de notre vieille démocratie usée par soi-disant représentants du peuple qui ne représentent en réalité qu’un pourcentage infime de la population, Nuit Debout ne doit pas se laisser pervertir par les vieilles logiques. Le seul mot d’ordre doit être de rester un soulèvement populaire. Un sursaut citoyen. Sinon, ce mouvement devient vide de sens.

 

 



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