[Edito] Dans la cour des grands

Toulouse a des figures, des « gueules. » De belles gueules. Des personnalités qui arrivent à transcender, à aller bien au-delà de leurs aficionados liés à leur discipline de prédilection. Elles sont rares … Se comptent sur les doigts de nos deux mains, et ont réussi cet exploit de personnifier la ville rose à travers le pays. Quand on parle d’elles dans les médias, tout le monde sait d’où elles viennent. La Garonne coule dans leurs veines.

26-01-2015 Thomas Simonian-5Dans un passé récent, Claude Nougaro et Dominique Baudis font indiscutablement partie de ceux-là. De cette espèce en voie de disparition, reconnus dans tous les quartiers de la ville. Mieux, un buste et une statue leur rendent hommage … Mais au fond, et même si cela était sans doute nécessaire, avait-on besoin de cela ? La réponse est dans la question, non ? Quant à certains de ces grands hommes made in Toulouse, ils ont reçu la médaille de leur ville … Un « merci » grandeur nature de leur vivant. Une preuve d’amour de tout un peuple.

 « Un caractère bien trempé »

Guy Novès fait donc désormais partie de la bande, de ce club très fermé des Toulousains hors du commun, qui ont su tout au long de leur parcours établir un lien si particulier avec nous tous : « Je serai Toulousain jusqu’à la fin de mes jours. » En cette terre d’ovalie, le désormais nouveau patron du XV de France s’est forgé un palmarès sans nul autre pareil : 2 titres de champion de France en tant que joueur, 10 en tant que manager du Stade Toulousain. Ajoutons pour la gloire, 7 sélections en équipe de France en tant que joueur, et 4 titres de champion d’Europe en tant que manager. Que rajouter de plus ? Si, il faut en rajouter car Guy Novès n’est pas seulement un palmarès … C’est un caractère bien trempé avant tout, et les médias en savent quelque chose. La langue de bois ne s’invite que très rarement dans les interviews qu’il a d’ailleurs toujours accordées assez facilement (ce qui n’est pas toujours évident dans ce milieu.) Dernier exemple en date, dans un entretien accordé à nos confrères de Sud-Ouest il n’hésitait pas à crier son amertume due aux remous systémiques de son club chéri : « J’ai eu le sentiment que je gênais certains. Mais les seuls qui auraient pu me faire partir, ce sont les joueurs. Il était capital que je ne perde pas la confiance du groupe, le reste, je m’en foutais.» Désormais, ces querelles « politiciennes » sont derrière lui, place à l’équipe de France qui a d’ailleurs un grand besoin de sa manière unique de motiver et de faire « mouiller le maillot. »

L’icône quitte bien le Stade pour mieux y revenir. Car on ne peut croire que Guy Novès ne puisse un jour revenir à Ernest-Wallon. Son pré. Son chez lui. Sa « vraie » maison. Car si Marcoussis l’attend bien avec impatience pour sa nouvelle mission … Les supporters de la ville ne l’oublieront jamais. Ils attendent même déjà son retour … Car l’immortalité existe bien pour certains. Des noms ne s’effacent jamais. Et un stade du bord de rocade résonne aujourd’hui tant il se sent vide …

 



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