[Edito] Champomy et gueule de bois

Thomas SimonianLes élections sénatoriales de dimanche dernier ont tourné une page de l’histoire politique haut-garonnaise. En effet, depuis la fin de la seconde guerre mondiale la gauche avait toujours obtenu la majorité des sièges du Palais du Luxembourg issus de nos territoires. La liste menée par le maire de Revel, Alain Chatillon, a fait taire le dicton bien connu, « l’histoire est un éternel recommencement. » Pour autant, cette droite qui a soufflé sur les braises de la victoire du Capitole de mars dernier, a décidé de fêter ses trois sénateurs au Champomy. Car pour beaucoup de cadres de l’UMP ou de l’UDI croisés cette semaine, le sésame n’est pas pour autant atteint. La volonté est donc maintenant de faire tomber le château de cartes que le PS et le PRG avaient scrupuleusement bâti depuis des décennies … Ce qui apparaissait hier comme un fantasme, devient aujourd’hui une hypothèse crédible. La droite et le centre peuvent rêver de prendre d’assaut la citadelle du Conseil général. Mais pour réussir ce pari-là il va falloir très rapidement identifier un leadership. Quel profil ? Quelle sensibilité politique ? Le récipiendaire devra surtout avoir la qualité de ne pas faire d’ombre aux maires de Toulouse et de Revel … Les vrais « boss ». Les entretiens d’embauche ne devraient pas trop tarder, vous pouvez donc envoyer vos CV au Capitole.

Et pendant ce temps-là …

 

La gauche 31 est encore « groggy » … Elle n’avait jamais anticipé de perdre le Capitole, comme elle n’avait pas anticipé de n’avoir que deux sénateurs à la sortie du dernier scrutin. Pire pour le PS qui se retrouve avec un seul élu. La vieille garde ne sait plus trop vraiment comment agir, même si elle essaie encore de tirer certaines ficelles très usées. L’horizon est loin de vouloir se dégager, et les départementales (mars 2015) puis les régionales (décembre 2015) pourraient bien se transformer en chemin de croix. Autant donc aller en pèlerinage pour espérer un renversement de tendance au niveau national. Ou comment rêver à une réelle inversion de la courbe du chômage, à un François Hollande qui entrerait enfin dans son costume et à une gauche rassemblée (comme si Mélenchon et Duflot n’attendaient que ça …) A gauche, l’avenir appartient donc surtout à la nouvelle garde qui est amenée à prendre ses responsabilités. Mais va-t-elle avoir le courage de s’émanciper de l’influence des pères ? Va-t-elle oser entrer en rébellion face aux Izard, Malvy et Cohen ? Une chose est certaine, avec la défaite de Jean-Michel Baylet en Tarn-et-Garonne, c’est tout un système qui risque de s’effriter. A la région comme au département. A qui profitera le crime ?

 



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