[Edito] Chacun cherche sa capitale

Thomas Simonian EditoLa fusion annoncée entre Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon pose question a posteriori … Si tout le monde paraissait pour le moins angélique au moment de l’annonce gouvernementale, le vent tourne et les débats s’accumulent. La pression malicieuse signée Philippe Saurel (maire de Montpellier, ndlr) oblige tous les candidats déclarés à se positionner en fonction du cas montpelliérain. Début mai, Dominique Reynié (Les Républicains) s’était laissé aller à une première proposition : « L’hôtel de région à Montpellier, la préfecture à Toulouse. » Et d’ajouter, « il y a une vraie égalité … » La chef de file socialiste, Carole Delga, s’est montrée favorable à un futur Hôtel de Région divisé entre « la ville rose » et « la surdouée. » Depuis ces prises de position la polémique est donc là … Car les deux principaux candidats ont décidé de céder à la politicaillerie plutôt qu’à l’intérêt d’un territoire.

Sur le papier y a-t-il pour autant concurrence entre les deux métropoles ? Les politiques ne nous amèneraient-ils pas sur une fausse piste ? Il n’y pas photo entre les deux villes en nombre d’habitants intra-muros. Il n’y pas photo non plus sur le dynamisme économique entre les deux agglomérations, merci Airbus ! La réalité est ainsi, factuelle, même si la LGV ne relie pas encore Toulouse au reste du monde … La ville chère à Nougaro, « Je revois ton pavé, ô ma cité gasconne », est donc bien la vraie capitale de Sud de France.

« Toulouse est la pierre angulaire du projet »

Non ce n’est pas une appellation viticole contrôlée, mais bien le nom envisagé pour la nouvelle entité … Une position politique juste et équilibrée serait de partir du postulat que Toulouse est la pierre angulaire du projet, afin de travailler à des complémentarités réelles (notamment universitaires et administratives) avec Montpellier. Partir dans les directions actuelles est éminemment dangereux. Et ne pas tenir compte de la réalité, c’est créer les frustrations de demain. Or inaugurer une nouvelle entité sur une fausse note ne donnera pas une belle mélodie pour l’avenir.

On se reprend ! Il est donc évident que la campagne régionale n’a pas commencé sous les meilleurs auspices possibles. Les influences sous-terraines de Philippe Saurel et de Damien Alary brouillent les premières annonces, comme si Carole Delga et Dominique Reynié devaient donner des gages … Il y a aussi dans tout ça l’esprit de la réforme territoriale à respecter. Si la fusion de certaines régions a été envisagée c’est tout de même avec deux objectifs principaux : Rendre compétitifs nos territoires face aux régions espagnoles et aux Lander allemands, et surtout prendre en compte la nécessité d’économies dans un contexte de déficits publics préoccupants. Or sur ce deuxième point, les premières positions des deux candidats principaux à l’échéance régionale peuvent inquiéter. Des services à Toulouse, d’autres à Montpellier, des doublons inévitables : Ou sont donc les économies attendues ? La campagne n’est qu’à ses débuts, mais elle doit se reprendre. Au risque d’inquiéter l’électeur.

 



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.