[Edito] « C’est pas moi, c’est lui … »

Thomas Simonian EditoL’édito de la semaine dernière a plutôt fait réagir. Tant mieux car le débat reste le poumon de la démocratie … Alors petit flashback. Sous le titre « Je te tiens, tu me tiens … », il s’agissait de dénoncer un système politique qui sclérose toute ambition réformatrice. L’exemple choisi pour illustrer le propos était celui du désengagement de l’Etat. Car depuis 2007, les collectivités sont donc confrontées à une baisse significative des dotations faites par l’Etat. Un mouvement initié sous Sarko qui s’est amplifié en cette ère hollandaise … « Cet édito mériterait un peu plus de rigueur journalistique, rien à voir entre les baisses de dotations sous Sarkozy  avec celles subies sous Hollande », a notamment interpellé Arnaud Lafon, le maire de Castanet-Tolosan, sur les réseaux sociaux. Mais le fond de notre point de vue dans le JT précédent, ce ne sont finalement pas les chiffres, mais bien le débat stérile et « politicard » dans lequel est embourbé notre système. Encore une fois, la réponse politique est « C’est pas moi, c’est lui … » Après trois années à l’Elysée, les socialistes continuent de jurer qu’ils paient encore la note du Fouquet’s. Et au Capitole comme ailleurs (Cugnaux par exemple) on augmente donc sensiblement la fiscalité locale en pointant du doigt les locataires sortants. Les politiques aux affaires semblent peiner à assumer, à se responsabiliser, à être en vérité.

« Les apparatchiks se reproduisent »

Une telle posture est en partie responsable du désamour persistant entre politiques et citoyens de base. « Ceci est un fantasme identique à la théorie conspirationniste », attaque une autre voix … Il ne s’agit pourtant pas d’imaginer un quelconque complot derrière l’inaction de la classe politique face aux diverses crises (économique, sociale, laïque …) que nous traversons. Non, il s’agit avant tout d’éveiller les consciences face au danger qui menace … C’est en réalité notre système politique qui est obsolète et qui ne génère ni enthousiasme ni vision. La classe politique, nationale comme locale d’ailleurs, vit entre elle, dans les mêmes murs. Un grand nombre d’élus sont également salariés de collectivités. Un constat qui explique sans doute pourquoi les apparatchiks se reproduisent avec une efficacité déconcertante.

Vite les solutions !  Au niveau local, la démocratie participative, de proximité, est sans doute encore à inventer. Les comités et les maires de quartier c’est bien, mais pourquoi ne pas responsabiliser le citoyen ? En donnant un vrai budget d’investissement à chaque quartier ? Au niveau national, pourquoi ne pas enfin travailler sur un véritable statut de l’élu ? Ce qui permettrait à la société civile de réellement investir le terrain politique. Autre piste : pourquoi ne pas coupler les élections présidentielle et municipale avec d’autres scrutins le même jour ? Il s’agirait ainsi d’éviter cette campagne permanente que nous subissons, et qui rend ce pays irréformable. Imaginons la politique de demain, cela évitera à Coluche d’avoir eu raison, il y a déjà trente ans : « La chambre des députés : la moitié sont bons à rien. Les autres sont prêts à tout. » 50 % des Français semblent penser la même chose en 2015. Le conservatisme est déroutant, non ?

 

 

 

 



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