[Edito] C’est pas moi, c’est lui !

Thomas Simonian EditoLe dernier conseil municipal toulousain ou comme le symbole de tout ce qui ne fonctionne plus aujourd’hui … Les élus nationaux comme locaux ne se sortent plus de cette « politique à papa », de cette « politicaille » à l’ancienne, qui surfe sur des clivages droite-gauche qui n’existent plus vraiment dans la plupart des foyers. Vendredi dernier au Capitole les échanges ont donc été d’un autre temps pour aborder la « douloureuse », les finances de la ville. « Il n’a tout de même pas découvert si tard l’état des finances de la ville ! » tacle Pierre Cohen à l’encontre de son successeur. Le président du groupe de la majorité municipale, François Chollet, de répondre en séance : « Oui les décisions que nous avons prises sont courageuses ! », faisant allusion notamment à l’augmentation de 15% de la fiscalité locale. Voici donc le résumé d’un débat de bas étage sur le mode « je gère mieux que toi, hein ! »

Il faut tout de même avoir bien conscience que ces échanges ne sont que le reflet, l’effet miroir, de ce que nous vivons quotidiennement entre socialistes et « républicains » à longueur d’interviews … Comment ne pas rire aux éclats lorsque Nicolas Sarkozy attaque à coups de meetings désormais « low-cost », Bygmalion oblige, la politique gouvernementale … Il a sans doute oublié, les amnésies sont fréquentes en politique, que sous son mandat, ni les déficits publics ni le chômage n’ont été réglé. Quant à François Hollande et ses amis, qui ne cessent de dire qu’ils subissent encore les conséquences de l’héritage du prédécesseur « bling-bling », ils omettent sans doute de rappeler qu’ils sont désormais aux affaires depuis … 2012 ! D’un côté comme de l’autre la politique de la « patate chaude » est donc un sport largement répandu. Sauf que durant ce temps-là les réformes sont au point mort… Toujours et encore.

« C’est dire que notre machine à faire des lois est en panne ! »

Pire, les bons vieux clivages provoquent le ridicule. Prenez la fameuse Loi Macron, un hymne au libéralisme, « la droite est d’accord avec la loi Macron, même si elle ne la vote pas pour des raisons politiques », a même commenté le député communiste du Puy-de-Dôme André Chassaigne. C’est dire que notre machine à faire des lois est en panne ! La droite ne vote donc pas une loi qu’elle aurait pu elle-même proposer, et qui paraît analytiquement convenir à son ADN. Ou comment mettre de côté l’intérêt général.

On en est donc là. A Paris comme à Toulouse, de Sarkozy à Hollande, de Moudenc à Cohen. Dans les moments de crise, il faudrait savoir faire fi des considérations politiciennes, et mettre de côté toute velléité à basculer du côté du populisme … Aller dans le sens du vent ne sert pas toujours à défendre une nation ou une collectivité en danger. La réalité c’est que les sources se tarissent et que droite et gauche doivent apprendre à gérer la pénurie… Il est bien fini le temps ou les marges de manœuvre permettaient de voir les choses en grand. Le citoyen l’a compris, le politique pas encore totalement. Mais ça va venir… On peut l’espérer, au risque de se prendre le mur.

 

 



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