[Edito] À qui profite le 49-3 ?

©Franck Alix/JT
©Franck Alix/JT

Comme prévu, le gouvernement passe en force sur la Loi Travail. Depuis le départ, Manuel Valls sait qu’il ne réunira pas sa majorité sur ce texte. Rien n’a été fait pour ça. Des négociations inexistantes avec les partenaires sociaux pour l’écriture du projet initial, et une communication exécrable dans les médias ne pouvaient aboutir qu’au 49-3. Les nombreuses révisions du texte après le passage en commission n’y changent rien. Pourquoi ? Parce que le message envoyé est mauvais dès le départ pour l’électorat de gauche. La loi Travail rime avec loi libérale, avec loi de droite. Des amendements sont revenus sur des points très polémiques comme les indemnités prud’homales. Mais dans le fond, la philosophie du texte reste la même : les accords d’entreprise primeront sur le Code du Travail et permettront de mettre en place des conditions de travail moins avantageuses.

« Entre courage et calculs politiques »

Aujourd’hui certains députés socialistes ne voient pas l’intérêt de se ranger derrière cette loi qui froisse leur électorat. Rappelons que les prochaines législatives auront lieu dans un an… Dans Le Point, un parlementaire anonyme est assez explicite : « En fait, on ne veut pas dire qu’on la soutient parce que cela nous arrange que le gouvernement passe au 49-3. On n’a aucune envie d’assumer ce texte. On pense déjà à nos législatives. Si elle passe au 49-3, on pourra dire à nos électeurs que nous députés de base, on ne l’a pas votée. »

Bien sûr, il doit bien avoir dans le lot des frondeurs, des élus vraiment convaincus par le fait que cette loi ne doit pas passer. Que ceux-là prennent leur courage à deux mains et votent la motion de censure déposée par Les Républicains et l’UDI. Les frondeurs ont bien tenté de déposer leur propre motion, mais n’ont pas recueilli le nombre suffisant de signataires. Tant mieux. À quoi aurait servi de diviser les opposants de ce texte entre deux motions de censure ? Cela n’aurait été qu’un acte symbolique. Un acte qui leur aurait permis là encore de se justifier auprès de leur électorat en 2017, sans pour autant mettre en péril leur gouvernement. Donc leur ‘‘carrière’’. S’il existait de vrais frondeurs, ils voteraient pour la motion déposée par la droite…



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