Du processus de Barcelone à l’Union pour la Méditerranée (UPM)

Alors que l’Union Pour la Méditerranée a nommé monsieur Sijilmassi à l’unanimité au poste de secrétaire général, le 10 février dernier, le CIED ADEC-NS Midi-Pyrénées tenait à rappeler les évolutions de ce processus jusqu’à nos jours.

 

Un long processus historique

La première véritable union politique de la Méditerranée remonte à l’Empire romain. A son apogée, il regroupait au sein d’une même entité politique l’ensemble des territoires de la Méditerranée. Sa chute aura contribué à opposer les deux rives du temps des croisades jusqu’à la fin de la décolonisation. Ces conflits ont empêché l’émergence d’une véritable coopération en faisant de la Méditerranée une frontière naturelle au détriment d’une interface entre l’Europe et l’Afrique.

L’ensemble de ces événements n’a pas empêché de nombreux acteurs d’esquisser des projets. Bourguiba, Boumediene et Pompidou avaient pour volonté d’en faire « un lac de paix ». En 1973, ces déclarations se sont concrétisées politiquement par l’ouverture du dialogue euro-arabe. Il comprenait trois volets : politique, économique et culturel. Cette initiative n’a malheureusement pas abouti.

Les prémices d’une construction politique

Le sommet euro-méditerranéen  des ministres des Affaires Etrangères des 12 partenaires de la Méditerranée à Barcelone décide, au cours de  la réunion du 27 et du 28 novembre 1995 d’entamer un processus devant déboucher sur la constitution d’une union politique. Le Conseil européen a, à l’issue de ce sommet, rédigé « un rapport de synthèse » qui a été ensuite soumis aux pays tiers invités à l’exception de la Libye (qui disposait d’un statut d’observateur),  de l’Albanie et des autres composantes de l’ex-Yougoslavie.

Ce rapport met l’accent sur une nouveauté : la nécessité « de construire une zone de prospérité partagée » grâce au partenariat euro-méditerranéen. Ce projet comprend un volet politique et sécurité qui vise à instaurer un espace de paix et de stabilité, un volet économique et financier ayant pour finalité l’émergence d’un espace de prospérité et devant aboutir à un espace de libre-échange entre UE et ses partenaires méditerranéens ainsi qu’un volet social et humain aspirant à développer les échanges culturels et à œuvrer au rapprochement des peuples

L’UE s’emploie alors à promouvoir les réformes politiques, à stimuler la coopération commerciale, à favoriser la prévention et le règlement des conflits dans la région méditerranéenne. Dans ce cadre ont été initiés les différents programmes Euromed Héritage I-II-III qui comprenaient 21 projets visant à mettre en valeur les sites archéologiques, les édifices historiques et les traditions méditerranéennes. La lutte contre l’immigration et la sécurité faisaient aussi partie des priorités de l’époque.

 

L’approfondissement institutionnel

Au cours de la campagne présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy lance l’idée de la création d’une Union de la Méditerranée qui permettrait d’approfondir la coopération entre les membres. Le Conseil de Paris est ainsi organisé le 13 juillet 2008, les 43 chefs d’Etats regroupant l’ensemble des membres de l’Union européenne, ceux du processus de Barcelone ainsi que la Ligue arabe ont décidé de créer une institution avec une présidence partagée entre la France pour la rive nord et l’Egypte pour la rive sud ainsi qu’un secrétariat attribué au Maroc (l’UE a remplacé la France en mars 2012 et la Jordanie va remplacer l’Egypte en septembre 2012). Ces détails institutionnels ont été décidés en novembre 2007 à la suite d’une nouvelle réunion visant à établir un programme de travail et une définition des domaines de coopération.

Les priorités de l’Union pour la Méditerranée concernent désormais l’employabilité des femmes et l’émergence d’une société civile, la dépollution, le développement d’autoroutes de la mer entre les deux rives et d’autoroutes terrestres entre les pays de la rive sud, la gestion des risques environnementaux, de l’eau et des enjeux énergétiques par le développement de l’énergie solaire ainsi qu’un élargissement du programme ERASMUS aux étudiants de la rive sud. Au cours de son entretien avec Gilbert Salinas, président de l’ADEC-NS,  Fathallah Sijilmassi a affiché sa volonté de communiquer davantage autour de ces projets.

L’émergence du printemps arabe a contribué à favoriser l’émergence de nouvelles dynamiques. La tenue d’élections libres dans certains pays a permis la relance de certains dossiers qui étaient jusqu’alors bloqués. Nous pouvons avoir des raisons d’espérer un dépassement de cette situation dans les années à venir devant l’intérêt qu’ont les acteurs à coopérer. En 2011, les 43 pays, avec le soutien unanime des pays arabes et d’Israël ont soutenu un projet palestinien d’usine de dessalement d’eau de mer pour Gaza afin de sécuriser l’approvisionnement de 1,6 millions de personnes. Aussi bien sur la rive nord que sur la rive sud, les intérêts des parties en direction d’une plus grande coopération sont indéniables. L’UPM est accordée avec les objectifs des politiques de voisinage de l’UE. Celle-ci cherche à réconcilier les pays de la rive sud, une réalisation qui serait profitable à tous et permettrait de donner aux actions de l’UPM une portée encore plus importante.

A.P.

Site Internet  de  l’union pour la méditerranée 



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.