De l’électricité dans l’air à la Région

Le jeu des chaises musicales est une tradition dans la vie politique, et la Région ne fait pas exception à la règle. Afin de se mettre en conformité avec les règles de leur parti (et en attendant la fameuse loi sur le cumul des mandats promise par François Hollande) les élues socialistes Monique Iborra, Carole Delga et Marie-Lou Marcel, toutes députés, ont fait le choix de quitter leur poste au sein de l’exécutif régional. Un acte qui a eu des conséquences à gauche comme à droite, avec le renouvellement de la commission permanente et du bureau, qui a eu lieu le 11 octobre dernier. Le PS a ainsi connu les promotions de Viviane Artigalas, Janine Loidi et de la Toulousaine Nadia Pellefigue en tant que vice-présidentes. Mais c’est à droite que le spectacle a été finalement le plus spectaculaire, avec la guerre que se livrent les deux groupes d’opposition «Osons Midi-Pyrénées» (emmené par le Tarnais Jacques Thouroude depuis la démission de Brigitte Barèges) et «Républicains et Territoires» (présidé par le Tarbais Gérard Trémège.) Car derrière cette lutte interne se cachent aussi les enjeux toulousains, avec les municipales de 2014 en ligne de mire. Les textos ont dû d’ailleurs affluer sur les mobiles de Jean-Luc Moudenc, Christine de Veyrac ou de François Chollet, qui devaient tous suivre avec attention, mais à distance, tout ce qui pouvait se passer du côté de l’hôtel de région jeudi dernier.

Quand les Municipales s’invitent dans le débat régional

Marie Pierre Chaumette

La tension a été à son comble quand Marie-Pierre Chaumette (MPF) et Jean-Luc Rivière (Parti Radical) ont annoncé leur départ du groupe «Républicains et Territoires» avec l’ambition partagée de briguer un siège à la commission permanente de l’assemblée régionale. Dans une réunion du groupe de Gérard Trémège, qui s’est tenue à huis-clos en amont de la séance, c’est la position de l’élue toulousaine Marie Déqué en tête de la liste pour cette fameuse commission permanente qui aurait semé le trouble. L’ancienne adjointe de Dominique Baudis et de Jean-Luc Moudenc s’explique : «Notre président de groupe a déclaré qu’il était important pour Toulouse et pour les rendez-vous de demain qu’une personnalité comme la mienne puisse siéger au sein de cette commission. Il a ensuite proposé un turnover au bout d’un an à Marie-Pierre Chaumette, qui a pris acte et qui en était d’accord. C’est seulement en pré-séance qu’elle nous a annoncé son départ… En nous reprochant notamment la vie interne à notre groupe. Peu importe, elle a trouvé les excuses qu’elle a voulu trouver. Il est toujours navrant qu’un groupe perde deux de ses membres, mais nous ne sommes certainement pas affaiblis et restons déterminés. Nous allons rester les mêmes !» Sur les liens qui peuvent exister entre ces manœuvres et les clivages réels de la droite et du centre toulousains en vue des municipales, Marie Déqué ne se cache pas : «Soyons clairs : il y a certainement des gens à l’extérieur qui se sont arrangés pour que cela se passe comme ça… » Une phrase visant sans ambiguïté le clan du député Jean-Luc Moudenc. Marie-Pierre Chaumette ne camoufle pas non plus les enjeux extérieurs, même si elle revendique le fait de rester centrée sur l’enjeu régional : «Je ne comprends pas que l’on puisse utiliser le mandat régional à des fins municipales. Cela continue à envenimer la division, alors que je souhaite porter de mon côté un message d’union. D’ailleurs d’un point de vue strictement régional, il n’y a aucune raison de continuer à avoir deux groupes d’opposition. Je souhaite également dire dans vos colonnes que je représente aussi un parti (MPF) qui m’a permis d’être élue, et je suis heureuse de conserver ma place pour mon mouvement.» Concernant le cas personnel de Marie Déqué, la nouvelle élue du groupe «Osons Midi-Pyrénées» se veut offensive : «Je n’ai rien contre Marie mais franchement quand elle passe à la région, c’est en coup de vent et elle ne s’occupait pas du groupe… » Ambiance ! Au milieu de cette partie d’échecs, deux perdants : l’élue gersoise Christiane Pieters qui perd son siège en commission permanente et le radical Jean-Luc Rivière qui en «dindon de la farce» ne se retrouve ni dans un groupe (il siègera parmi les non-inscrits) ni dans l’exécutif régional.

Thomas Simonian



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