Crise des urnes ou urnes de la crise ?

Baumont StephaneAlors que la quinzaine de Roland-Garros signe l’envahissement quotidien de nos écrans avec la petite balle jaune (des heures et des heures de match comme si le sympathique Président Gachassin était devenu le Président de la «République autonome de la Porte  d’Auteuil») rien ne semble arrêter le «printemps ERABLE», une forme de «Mai 1968» estudiantin et maintenant sociétal qui déstabilise le gouvernement québécois sur le plan politique, philosophique (assez du néolibéralisme sauvage) et social et dont on peut se demander s’il ne va pas réveiller les aspirations indépendantistes ; rien, non plus, ne stoppe en Syrie les nouveaux massacres notamment d’enfants dont les auteurs pourraient être des membres d’Al-Qaida.

 

C’est dans ce climat de tension (dont les images et la réalité peuvent être contagieuses) que se préparent en France les prochaines élections législatives qui se tiendront les 10 et 17 Juin prochains. Et dans un climat de «nouvelle modestie» – sceau du nouveau régime hollandiste – que tout semble se mettre en musique : «simplicité», «sobriété», «rigueur», «respect», «rassemblement», voilà les mots clés d’une Présidence «normale» accompagnée dans son lancement par une classe médiatique aussi laudatrice envers les nouveaux gouvernements qu’elle fut critique et éreintante avec l’ancien Président, bien décidé pour le moment à se faire oublier au moment où l’UMP semble quelque peu s’abîmer dans une guerre de chefs peu susceptible d’aider ses candidats sur le terrain. Après la déception d’une fin de mandat, voilà la belle et majestueuse innocence des débuts de Washington à Kaboul en passant par Chicago et Bruxelles.

Voilà aussi l’Espagne qui fait craindre le pire à l’Europe et la France pour laquelle la menace est plus grande que le risque gréée, voilà le gouvernement espagnol obligé d’injecter 23 milliards d’euros de fonds publics pour sauver Bankia, la quatrième banque espagnole ; voilà la monnaie unique qui est passée le 25 Mai sous la barre de 1,25 dollar, une première depuis le 30 Juin 2010 (à noter qu’une baisse de 10% de l’euro peut générer jusqu’à un point de croissance supplémentaire ; cette baisse ne va pas résoudre la crise mais va donner de l’air aux États) ; voilà aussi un électorat dans l’inquiétude redoutant un effet domino qui toucherait l’Espagne, le Portugal, l’Italie et la France laissant ouverte l’hypothèse d’un «bank run», d’une panique bancaire comme les images de la Grèce et de l’Espagne nous l’ont déjà montré ; voilà les électeurs épargnants qui veulent savoir non seulement quelles sont les banques les plus sûres, mais aussi quel est le scénario politique le plus idéal pour la France, une cohabitation avec la victoire aux législatives de l’UMP pour un gouvernement dyarchique ou un gouvernement d’Union nationale ; une majorité relative pour le PS étant alors entre les mains absolues où le PS serait, seul, responsable de tout avec un Président de la République, chef et patron de l’Etat PS omnipotent et omniprésent. Le contexte économique et financier dictera la conduite de l’électorat : il ne faudrait pas que l’abstention soit la traduction de l’angoisse de nos concitoyens face à un avenir qu’ils envisagent comme si la catastrophe allait avoir lieu demain. Loin des urnes !

 



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