[Coulisses] Les suites de l’affaire de la Confédération pyrénéenne

Pierre CastérasDroit de réponse. Le 2 octobre dernier, votre hebdo révélait les dessous de la Confédération pyrénéenne du tourisme, et pointait du doigt son ancien président, Pierre Castéras. Ce dernier a décidé de réagir.

Lundi dernier, 17 heures. Le rendez-vous était pris depuis une semaine. Pierre Castéras est à l’heure, la poignée de main est virile, nous nous installons dans la salle de réunion de notre rédaction. Suite à notre enquête sur les pratiques de la Confédération pyrénéenne du tourisme sous sa présidence (2005-2010), Pierre Castéras avait contacté notre rédaction pour dire ce qu’il pensait du contenu de notre papier, mais aussi pour rétablir ses vérités. Nous lui avons spontanément proposé de répondre, il a refusé sur le coup. Mais quelques jours plus tard : « J’ai bien réfléchi… Vous ne m’avez pas fermé la porte et cette fois-ci je veux répondre. » L’attitude est courageuse, l’homme tendu au début mais bien déterminé à régler ses comptes. Face à face, nous reprenons point par point tout le contenu de notre investigation : « Vous savez, j’ai été loyal jusqu’à maintenant envers mes anciens amis politiques, mais j’en ai gros sur la patate. J’ai longtemps porté un costard bien trop large pour moi », entame celui qui était il y a quelques années encore l’étoile montante du PS en Haute-Garonne. Sa cible : le pré-carré de Martin Malvy à la Région. « Ils ont voulu m’abattre. J’étais devenu gênant, je ne servais plus leurs intérêts, ni politiquement ni au niveau du business. » Car Pierre Castéras se défend d’avoir pris un certain nombre de décisions seul : « J’ai été placé là par Martin Malvy en 2005 avec un cahier des charges précis. On m’avait demandé de faire le ménage, je l’ai fait… J’étais en contact permanent avec la garde rapprochée du président. J’ai fait le job et bien plus encore. » Pourtant en 2010, Pierre Castéras, alors également maire de Mazères-sur-Salat, est relégué en fond de liste aux élections régionales, « le début de la fin » pour lui : « J’ai été trahi. » L’homme est atteint et dit avoir tout perdu : « Du jour au lendemain, il ne me restait plus que la mairie de Mazères et le Pôle emploi. » « Vous me reprochez de m’être servi ? Vous rigolez, non ? Ce sont les huissiers que j’ai eu à la porte, pas les banquiers ! J’ai réellement tout perdu dans cette affaire », nous attaque-t-il. Sur le fond les réponses sont ciselées. Concernant les factures Bygmalion : « À l’époque, tout le monde bossait avec eux pour les espaces publicitaires. Ce qui est incroyable, c’est que c’est moi qui ai refusé qu’on paye ces prestations. » Sur le fait qu’il ait embauché un directeur sans contrat de travail, mais en payant des prestations : « Je rêve. C’est un choix qui a été validé à l’unanimité du Conseil d’administration. Regardez par exemple les Pôles de compétitivité, ils ont tous des directeurs avec ce système-là. » Aujourd’hui, Pierre Castéras reste passionné par la politique, en veut à Joël Bouche (ex-premier fédéral du PS 31) de ne pas avoir soutenu un retour envisagé à l’Union, griffe Martin Malvy, « fabiusien à Paris, beaucoup moins à Toulouse », et reste amer envers son mentor, l’ex-député Jean-Louis Idiart : « Il m’a laissé sur le bord de la route. » Cet ancien espoir de la politique conclut : « Je siffle la fin de la récré. J’ai des enfants en âge de comprendre… »

Pierre Castéras répond à certaines accusations :

  • Sur l’achat de coupe-vents pour le club de rugby de Mazères-sur-Salat, ville dont il était alors le maire : « Je revendique cette opération, qui faisait aussi partie des missions de la Confédé. Quel élu local ne fait pas ce type de partenariats ? Par ailleurs, nous avons fait une opération similaire à Salies-du-Salat, sur demande d’un cadre de la Confédé, mais ça personne n’en parle … »
  • Sur une prestation très onéreuse de lobbying du cabinet « M&M Conseil », afin d’entamer un dialogue avec la ministre de l’écologie d’alors, Chantal Jouanno : « La somme peut paraître énorme, mais c’est simplement dû au fait que je n’ai pu mener ce projet à son terme. »
  • Sur un nombre de factures assez incroyable peu avant son départ (près de 900 000 euros en quatre mois) : “Il s’agit d’une logique de bascule assez classique entre deux exercices comptables, avec également des reliquats de factures liés encore à mon prédécesseur. Il s’agissait pour la quasi totalité de ces factures de contrats en communication avec Milan Presse, Sud Radio, La Dépêche du Midi ou TLT.”

Retrouvez l’intégralité de notre enquête sur la Confédération pyrénéenne du tourisme : http://www.lejournaltoulousain.fr/societe/bygmalion-sur-garonne-enquete-et-revelations-35249



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