[Coulisses] Dur, dur d’être un élu

stéphanie calas @dr
Stéphanie Calas (PS)

Militantisme. Il y a les grands élus, et ceux qui s’engagent pour leur commune sans en faire un métier. Une politique à deux vitesses. A Gragnague comme à Pelleport, on appelle à un véritable statut de l’élu. Le débat est ouvert.

 

Le 16 avril dernier votre hebdo publiait le dossier « Vis ma vie d’élu en surchauffe. » Ou comment quatre des élus les plus occupés du département (Laurence Arribagé, Brigitte Micouleau, Claude Raynal et Sébastien Vincini) gèrent leur emploi du temps. Stéphanie Calas, élue PS à Gragnague, a vivement réagi sur les réseaux sociaux. Une manière de nous dire qu’il y a des élus de proximité qui ne sont pas indemnisés pour exercer leur mandat, et qui sont également en surchauffe. Car ceux-là doivent composer entre leur vie politique, leur vie professionnelle et leur vie familiale … Pas simple. Nous avons donc proposé une rencontre à Stéphanie Calas : « Je tiens à ce que les gens comprennent qu’il ne faut pas mettre tous les élus dans le même sac. Il faut mettre fin aux idées préconçues qui donnent parfois une mauvaise image des politiques. J’ai zéro euro d’indemnité … C’est même le contraire je paie pour être élu. C’est un engagement et une vocation », entame cette jeune élue, également mère célibataire de deux enfants.

“Il est souvent compliqué de se libérer”

Elle avoue être gênée par le climat actuel : « Les politiques, tous mandats confondus, ont tendance à être montrés du doigt. Il y a une vraie défiance et les gens pensent que tous les élus sont rémunérés.» Un avis partagé par Laurent Lesueur, conseiller municipal à Pelleport, commune de 500 âmes : « Avec la vie professionnelle il est souvent compliqué de se libérer même si j’ai la possibilité d’utiliser légalement (heures de délégation, ndlr) une demi-journée par mois pour l’exercice de mon mandat. » Cet élu doit fréquemment assister à des commissions, et il a mis en place le plan local de sécurité de sa commune : « Tout cela demande du temps, et le tout sans être indemnisé. » Pour toutes ces raisons Stéphanie Calas aimeremettre les pendules à l’heure, y compris vis-à-vis de ses concitoyens : « Je leur dis clairement que ce n’est pas mon travail, qu’il s’agit d’un engagement pour la commune. » L’élue de Gragnague enfonce d’ailleurs le clou en nous faisant partager la rémunération de son maire : « Savez-vous combien gagne le maire d’une commune de 2000 habitants avec toutes les responsabilités qui lui incombe ? 790 euros ! » Laurent Lesueur acquiesce de nouveau : « Dans ma commune seul le maire et ses trois adjoints ont des indemnités, et elles sont vraiment symboliques. Tout le reste du Conseil municipal ne touche rien. » A Gragnague comme à Pelleport nous sommes donc bien loin de la politique professionnelle : « C’est la politique de proximité, la vraie », nous lance d’ailleurs Stéphanie Calas. Avec la sempiternelle question du statut de l’élu qui mérite d’être posée : « Il faut poser le débat sur la table, mais nos grands élus en ont-ils envie ? Je n’en suis pas convaincue (rires). Ce serait pourtant la solution pour faire véritablement entrer la société civile en politique. »



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