Corinne Lepage était à Toulouse: «Disons la vérité»

Corine Lepage

Seule contre tous, la candidate de Cap 21 est convaincue que son discours qui fait rimer écologie et économie a toute sa place dans une campagne présidentielle qui ne laisse que peu de place aux petits candidats. Le 8 mars dernier, c’est Place du Capitole que nous l’avons rencontrée.

N’êtes-vous pas déçue de ne pas voir l’écologie au centre du débat de cette Présidentielle ?

Plus que déçue, je suis triste. Les Verts ont souhaité mettre en avant Eva Joly plutôt que Nicolas Hulot, et le résultat est simplement catastrophique. Tout est devenu trop politique, et ils font de l’écologie un épouvantail. A base d’accords avec le PS, ils sacrifient l’intérêt commun pour l’intérêt particulier de leurs apparatchiks.

En quoi votre discours est-il différent ?

Je suis une femme, une avocate, qui vient de la société civile, qui maîtrise les contraintes du secteur privé, et qui a souhaité mettre au coeur de son programme l’innovation et l’entreprenariat, notamment pour aider les jeunes. Je suis donc capable d’encourager le monde de l’entreprise. Cela peut sembler une idée de droite, mais je dis aussi que c’est l’humain qui est au coeur de tout, et cette idée-là en revanche est plutôt du centre et de gauche. Voyez, c’est ça l’écologie du futur, celle à laquelle je crois. La nouvelle manière de faire de la politique, c’est l’art de la synthèse. Et ça, ni la droite traditionnelle, ni la gauche traditionnelle ne sont en capacité de le faire.

Chacun sait que vous avez encore des difficultés à recueillir les 500 signatures nécessaires à votre candidature. Que se passe-t-il ?

Disons la vérité. Les deux partis majoritaires veulent «cadenasser» cette élection. Ils veulent esquiver le premier tour, en projetant les Français et les médias au second tour dès maintenant. Et ils font pression auprès des Maires. Et puis ce qui me surprend, c’est l’attitude de nombre de maires sans étiquettes, qui ne veulent donner leur signature à aucun candidat. A ceux-là, je dis qu’ils ont une sacrée responsabilité, qu’ils se doivent d’être porteurs du pluralisme politique de notre pays. Ils devront expliquer à leurs électeurs pourquoi Jacques Cheminade ou Nicolas Miguet sont candidats, et pourquoi Corinne Lepage ou Dominique de Villepin ne le sont pas… Il faut qu’ils sortent de cette grève du zèle et qu’ils parrainent !

Comment vivez-vous cette campagne ?

Elle est forcément compliquée car je ne peux pas exprimer mes idées. Les médias ne me donnent pas la parole. Beaucoup de Français ne savent même pas que je suis en campagne. Je ne dispose pas d’un temps de parole juste pour exprimer mon programme.

Propos recueillis par TS



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