Copé passe par Toulouse : Fin de la traversée du désert ?

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L’ancien président de l’UMP, Jean-François Copé était hier à Toulouse. Avec Laurence Arribagé et quelques élus UMP, le député-maire de Meaux a visité une usine d’assemblage d’Airbus, avant de rencontrer des associations puis les militants, les futurs « Républicains. » Traversant une période de silence médiatique de 18 mois, Jean-François Copé a accepté de répondre aux questions du JT. L’occasion de revenir sur les affaires et sur son avenir personnel …

Propos recueillis par Antoine Laviale

 

Ce soir, c’est une sortie du silence, une étape dans votre traversée du désert. Avez-vous changé ?

Oui, bien sûr. Vous savez, on ne peut pas revenir indemne d’une épreuve comme celle que j’ai dû à traverser l’année dernière, dont la violence était vraiment très forte. J’ai touché la haine du doigt. Nous avons subi une crise politique épouvantable, mais j’ai souhaité assumer mes responsabilités, et ainsi quitter la présidence de l’UMP. J’en ai donc profité pour transformer cette épreuve en chance. J’ai commencé un long travail de réflexion et suis parti à la rencontre des gens pour les écouter, tout en étant silencieux médiatiquement. Aujourd’hui, je rencontre des personnes qui ne passent pas au journal télévisé de 20h, et qui, pourtant, incarnent les valeurs de la droite décomplexée.

Vous dites « assumer vos responsabilités », parlez-vous de l’affaire Bygmalion ?

Non, je suis totalement innocent dans cette affaire, la vérité éclatera un jour. Je parlais de la responsabilité politique.

Vos rapports avec votre famille politique, avec Nicolas Sarkozy notamment, sont-ils aussi bons qu’avant ?

Nous sommes dans la même famille politique. Ce qui compte pour moi, ce sont les idées, plus que tout le reste.

Peut-être pas en vous rasant, mais pensez-vous à la primaire de la droite ?

Au-delà des hommes, aujourd’hui, le sujet est : Qu’est-ce qu’on veut faire pour la France ? Voilà ce qui intéresse les gens : que peut-on proposer d’autre que ce que l’on vit depuis deux ans ? Ensuite, viendra le temps d’un projet et de la primaire.

« La vérité éclatera un jour »

Il faudrait donc transformer la droite, d’une certaine façon ?

Nous devons faire de la politique autrement, adopter une autre démarche. Nous avons subi une crise. Nous ne pouvons plus nous attaquer par l’intermédiaire des médias. D’autant plus que le FN est encore plus fort quand nous sommes faibles.

Vous allez donc revenir avec un projet ?

Oui, absolument. Je ne veux faire, désormais, de la politique que pour un projet. Il faut changer de méthode, et bâtir un projet avec 5 ou 6 propositions fortes. Je pense qu’il faut parler aux Français de la France, de leurs problèmes et des solutions. Il faut ainsi réfléchir à une suppression des 35 heures, réduire le Code du Travail par deux, revoir notre modèle social, repenser le collège. Il nous faut une droite qui aime la liberté d’entreprendre, l’ouverture au monde, et l’égalité des chances, la vraie, pas l’égalitarisme. Je vais revenir avec un projet politique différent de tout ce que l’on a pu faire précédemment, tout en gardant les fondamentaux de mon combat politique.

Avez-vous fixé une date pour ce retour ?

Je ne suis pas pressé de reprendre la parole, j’ai encore besoin de temps et de réflexion.

L’UMP change de statuts et de nom … Les Républicains, qu’est-ce que cela vous inspire ?

J’étais plutôt favorable à ce que l’on garde l’UMP, c’est une marque qui a montré son identité et qui avait tout gagné depuis 2012. Mais si une majorité de mes amis souhaitent changer de nom, alors on changera de nom.



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