[politique] Collectif Casa Nova : « L’urgence à tout changer »

dessin syl 18 sept

 

Exclu. Tout le microcosme politique toulousain se pose la question : Qui est Casa Nova ? Ce collectif masqué, issu de la gauche toulousaine, envahit les réseaux sociaux depuis plusieurs semaines. Il va bientôt lever le voile sur les identités qui le constituent. Pour la première fois, Casa Nova a accepté de répondre à une interview.

 

Pourquoi avoir décidé de monter un collectif en dehors des partis traditionnels ?

Parce que nous pensons que le temps du dépassement de l’existant est venu, compte tenu de la crise politique. Nous recherchons de nouvelles convergences, ce qui signifie de briser les cloisons, souvent artificielles. Si nous n’inventons pas de nouvelles formes politiques inédites, tirant les leçons des grands mouvements citoyens qui ont secoué la planète, mais aussi de l’abstention massive, alors, les alternatives aux règles absolues du marché ne pourront pas émerger. Nous avons conscience de l’urgence à tout changer. Le Front National est en passe de s’installer comme le premier courant politique de France. Faut-il encore attendre pour bouger ?

 

Est-il devenu difficile de s’exprimer à l’intérieur de ces partis ?

Certains d’entre nous sont dans des partis, et nous respectons les raisons des uns et des autres. D’autres les ont quittés ou n’y sont jamais allés. Mais chacun constate la difficulté évidente à transformer ces anciens outils. Mais qui a dit que la politique se réduisait aux partis existants ? La politique, c’est la conscience de notre place de citoyen égal dans la cité, c’est penser et agir en conséquence. Nous ne sommes pas contre les partis de gauche (certain d’entre nous en ont fait leur deuil, mais ce n’est pas les affronter qui nous occupe), nous avons envie de procéder autrement, de nous concentrer sur les contenus politiques, enfin ! Et de nous retrouver par-delà des chapelles qui n’ont pas toujours de sens. Nous voulons vivre aussi une expérience différente. Nous nous définissons comme une SCOP de production politique, collaborative, horizontale, fondée sur le travail.

 

Pourquoi le choix d’avoir entamé cette démarche de manière masquée ?

Justement – et cela a fonctionné !- pour casser le jeu habituel des postures. Nous avons vu que certains élus ou militants nous ont répondu : « Je ne me prononce pas sur ce que vous dites tant que je ne sais pas qui vous êtes. » C’est un très beau symptôme de l’état de la politique partisane… où l’on juge des analyses sur le fondement de qui les prononce, et non des contenus… Nous voulions faire cette pédagogie-là.

 

Allez-vous finir par vous dévoiler ?

Oui. Bien entendu. Nous voulions d’abord nous organiser pour produire du contenu de qualité et contester l’hégémonie idéologique de la droite. En nous élargissant, nous diversifierons nos actions, ce qui suppose de sortir à visage découvert. Cela aura lieu bientôt.

 

« Nous ne sommes pas contre les partis de gauche »

 

Vous avez choisi de traiter des sujets métropolitains. Est-ce désormais l’échelle où tout se joue ?

Tout se joue partout. Nos vies sont insérées dans la mondialisation, le national, le local, et les micro-pouvoirs dont parlait Michel Foucault. Les séparer est un artifice gestionnaire. Ce qui nous occupe, c’est l’émancipation de toutes et de tous. Dans des détails, comme dans de grands projets. Nous rejetons le formalisme et l’approche bureaucratique de la politique. Ce n’est pas l’institutionnel qui va nous dicter.

 

Est-ce difficile d’être de gauche en 2014, en ayant le tandem Hollande-Valls au pouvoir ?

C’est surtout difficile pour eux, vu qu’ils ont abandonné toutes les références du progressisme de manière vertigineuse. Pour nous, la transformation sociale vers plus de justice, d’égalité, de dignité, de maîtrise démocratique de nos destins… est plus que jamais à l’ordre du jour face à l’absurdité du capitalisme mondialisé, destructeur de notre environnement.

 

Souhaitez-vous participer à la recomposition de la gauche toulousaine ?

Oui. Nous souhaitons la révolutionner même, si possible. Et nous appelons celles et ceux qui le souhaitent à nous contacter, comme le font de nombreux citoyens, depuis notre apparition mi-juillet sur les réseaux sociaux. Nous sommes en recherche, nous ne sommes nullement sectaires, même si nous tenons à quelques principes politiques solides, que nous avons exprimés dans des textes. Nous voulons passer à l’action et cesser de répéter stérilement que « rien ne sera plus comme avant. » Au-delà, nous nous interrogeons sur le destin de la gauche quand celle-ci est représentée aux yeux du peuple par les huissiers des marchés financiers. Devra-t-on parler autrement ? Opposer le peuple à l’oligarchie ? Les 99 % au 1 % ? C’est aussi ce qui devra se décider. Nous voulons ici et maintenant y contribuer.

 

Le + :  C’est en juillet dernier que Casa Nova a fait son apparition sur la toile. Certains posts ont fait beaucoup de bruit. Un exemple parmi d’autres, celui du 15 septembre dernier « RocadeLand Toulouse, enfumage garanti. »

 



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