Claude Raynal : « Je soutiens l’action gouvernementale »

Claude Raynal

Éléphant. Il est désormais le seul sénateur socialiste du département, et a pris les rênes de l’opposition à la métropole. Celui qui règne en maître sur Tournefeuille depuis 1997, défend sa nouvelle maison (le Palais du Luxembourg) et s’inquiète sur le dossier complexe de l’aéroport.

 

Suite à votre élection comme président du groupe PS à Toulouse Métropole, puis comme sénateur, vous considérez-vous comme le nouvel homme fort de la gauche haut-garonnaise ?

Cette analyse et ce vocabulaire me sont étrangers. En politique, il n’y a pas d’hommes forts, il y a en revanche des idées et des collectifs qui doivent primer sur les égos…

En tant que nouveau sénateur, pouvez-vous nous expliquer pour quelles raisons la Haute Assemblée est-elle encore nécessaire à notre système politique ?

Vous savez, la critique du Sénat est récurrente depuis que cette assemblée existe. En France, il y a malheureusement un vrai rejet du parlementarisme. Pourtant toutes les grandes démocraties ont un bicamérisme (organisation politique qui divise le Parlement en deux chambres distinctes, ndlr). Il s’agit de faire la loi en deux temps : celui de l’Assemblée nationale avec la politique partisane, et celui du Sénat avec une vraie prise de recul. Le Sénat aide aussi à la mise en œuvre des lois sur les territoires… On ne traite pas un texte de loi de la même manière à Paris que dans un petit village. La question des rythmes scolaires en est un excellent exemple.

Justement, comment jugez-vous l’action gouvernementale ? Comprenez-vous notamment la charge portée par Martine Aubry le week-end dernier, ou la posture des députés frondeurs ?

Pour moi, la politique c’est simple. Quand son parti est au gouvernement, on doit soutenir et aider les siens à réussir. Soyons clairs, quoiqu’on pense de la politique menée aujourd’hui, en tout état de cause, si demain le PS est battu, il n’y aura pas d’alternative à gauche. Je pense que tout le monde ferait mieux de se mettre derrière le gouvernement pour faire en sorte qu’il réussisse. Pour tous les miens qui font des petits jeux politiciens en espérant mieux se mettre en valeur en contestant l’exécutif, ils sont dans l’erreur ! En revanche, en interne c’est à nous de faire passer des messages à nos ministres et de faire remonter certaines réalités du terrain. Ne portons pas à l’extérieur des débats qui doivent rester en interne… Pour ma part, je me situe donc clairement dans le soutien à l’action gouvernementale.

 

Côté agglo, le passage avec le statut métropolitain était-il une nécessité ?

C’est une étape souhaitée sur un plan législatif par l’ancienne majorité de notre agglomération. La loi « métropoles » a été faite par les socialistes, et Pierre Cohen et l’équipe que nous formions n’y sont pas pour rien. Cette question est un enjeu majeur pour notre territoire. C’est la reconnaissance du fait urbain dans la politique nationale. C’est mettre en avant qu’il y a en France des grands territoires qui créent le PIB (produit intérieur brut, ndlr)  et la richesse.

 

« Le Président Izard a un excellent bilan »

 

Le gros sujet métropolitain du moment est celui de la privatisation annoncée de l’aéroport. Y a-t-il un réel danger, et notamment pour le foncier dévolu à Airbus ?

Il y a effectivement une volonté de désengagement de l’État sur l’aéroport qui est d’ailleurs une histoire ancienne. Le débat avait été ouvert sous les gouvernants précédents. Ce qui me paraît nécessaire et capital, c’est que le secteur public (État, CCI et collectivités territoriales) puisse conserver une majorité dans le capital de l’aéroport. Ce fait est majeur, car cela veut signifier que la prise de décision et la vision stratégique seront dévolues à un conseil de surveillance public. Ensuite, il y a la question de la gestion quotidienne de l’aéroport qui sera donc confiée à un opérateur privé via un appel d’offres… Mais le sujet qui reste en suspens, c’est l’accord qu’il y a aujourd’hui entre l’aéroport et Airbus, ainsi qu’avec des sous-traitants, sur du foncier et sur la base de tarifs préférentiels… Bien entendu qu’il faut verrouiller cette partie-là dans le contrat qui liera le secteur public et le gestionnaire privé. Le rôle du politique est de faire en sorte qu’il n’y ait pas de frein dans l’avenir au développement économique du secteur aéronautique.

En mars prochain auront lieu les élections départementales… Craignez-vous une défaite du PS 31 ?

Franchement non. Le président Izard, avec sa majorité actuelle, a un excellent bilan qui sera mis en valeur durant la campagne. La gauche devra savoir défendre son action, et nous aurons les candidats pour.

Y aura-t-il un effet Moudenc sur les cantons toulousains ?

Un effet Moudenc… Je reste circonspect mais ne préjugeons de rien. Au bout de six mois, quel est le premier bilan ? Et quelles sont les perspectives tracées ? Je crains davantage un rejet de la politique gouvernementale qu’un effet Moudenc.

 

Cv Express

Né le 10 octobre 1957.

Fonctions : sénateur de Haute-Garonne, maire de Tournefeuille, président du groupe PS à Toulouse Métropole

 

 



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