Christophe Delahaye « Notre parti joue toujours loyal avec le PS »

Les relations, pourtant fortes et historiques, sont aujourd’hui tendues entre le PRG et le PS en Haute-Garonne. Plusieurs épisodes sont venus « perturber » les rapports entre la rue Lancefoc et le parti de Jean-Michel Baylet. Il y a d’abord eu une élection provoquée à Grenade pour « chasser » l’édile PRG Rémy André, puis plus récemment Bernard Keller s’est vu privé d’une place en commission permanente du Conseil Général, avant que jeudi dernier, les socialistes cugnalais décident de ne pas voter le budget de Philippe Guérin. Tous ces événements ont provoqué de la colère dans les rangs  radicaux. Le président départemental, Christophe Delahaye (conseiller régional, 1er adjoint de Muret), remet les points sur les i. Des oreilles vont siffler.

 

Le maire de Blagnac, Bernard Keller, issu de vos rangs, n’a pas été élu à la commission permanente du Conseil Général, suite à l’élection surprise du « vert » Patrick Jimena. Placé sur la liste du Président Izard, a-t-il fait les frais de règlements de compte entre amis ? Et vos élus ont-ils joué le jeu ?

Je maintiens que les élus radicaux ont tous voté pour la liste du Président Izard à la commission permanente ! Les élus qui ne l’ont pas fait, il faut plutôt les rechercher dans d’autres rangs, mais certainement pas dans le nôtre, c’est clair. Il ne faut pas exclure que d’autres personnes aient pu voter pour Patrick Jimena , que des dissensions entre socialistes soient apparues à la faveur de ce vote et encore moins qu’il y ait eu des vases communicants… Deux ou trois élus ont dû se défouler, ça arrive ! Nous contestons en revanche que Bernard Keller ait été placé si loin dans la liste, derrière même des élus du Front de Gauche, alors que dans toutes les collectivités, y compris dans l’exécutif, notre parti joue toujours loyal avec le PS. Cette attitude est un manque de respect. J’ai exprimé ce ressenti à Joël Bouche (premier secrétaire fédéral du PS, ndlr) et à Bertrand Auban (conseiller général proche de P. Izard, ndlr), car le fond du problème est bien la rétrogradation de Bernard Keller sur cette liste.

« A Cugnaux, la section locale du PS fait défaut »

Une autre affaire vient également de complexifier vos rapports avec le PS. Quatre élus socialistes n’ont pas voté le budget du maire de Cugnaux, Philippe Guérin. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ?

C’est avant tout une surprise. Dans cette période difficile où nous devons être solidaires au sein de la majorité gouvernementale, nous constatons qu’à Cugnaux, la section locale du PS fait défaut. On demande donc à la direction toulousaine du PS de régler au plus vite en interne cette affaire-là. En ce qui nous concerne, notre bureau fédéral va adopter une attitude ferme : nous serons intransigeants concernant Cugnaux. Tous nos accords communs avec le PS, en vue des prochaines échéances, pourront être remis en question si le cas de Cugnaux n’est pas résolu. Je rappelle aussi que dans ce type de villes, ce n’est pas l’étiquette politique qui prime, mais bien la personnalité de la tête de liste…

Justement des campagnes vont vite arriver, et notamment les municipales. Quel est votre calendrier de préparation ?

Dans les prochaines semaines nous allons rencontrer l’ensemble des fédérations des partis de gauche : Le PS, le PC, le Parti de Gauche, EELV, le MUP de Robert Hue et le MRC de Jean-Pierre Chevènement. On va avancer avec eux, travailler parallèlement notre ligne politique, et courant octobre, les accords entre partis devront être finalisés et les investitures données. Entre temps, le national aura tranché le cas de Toulouse.

Votre fédération est-elle en ordre de marche ?

Plus que jamais. Nous avons d’ailleurs mis en place des soirées débat donc celle de Muret sur la fin de vie, et d’autre suivront notamment sur la dette et sur le rôle de l’Etat… A Cugnaux, en juin prochain, nous parlerons de l’école de demain. Notre fédération bouge, et reste aussi en éveil sur les dossiers de Sanofi, de l’avenir de l’Oncopôle ou de l’autoroute Toulouse-Castres.

A Toulouse, vos élus (Cécile Ramos, Alexandre Marciel, Maryse Jardin-Ladam) ont lancé des Etats Généraux. Vous les soutenez ?

Leur initiative est très bonne. Cela permet, à la veille du scrutin municipal, d’aller à la rencontre de la population et de bien entendre les revendications et les aspirations de la rue.

Ils s’autorisent également un droit d’inventaire de leur action commune avec le PS …

Nul n’est parfait. Il faut toujours savoir décrypter sa propre action politique car la société évolue tous les jours… C’est un travail de fond dans lequel se sont engagés nos élus toulousains, et ils ont raison de le faire. Il y a d’ailleurs d’autres cercles PRG qui travaillent également sur Toulouse, et l’objectif de notre fédération sera de tous les réunir le moment venu.

En tant que conseiller régional, comment réagissez-vous à la nomination de Nicole Belloubet au Conseil Constitutionnel ?

Je suis très content pour elle, c’est une personne avec d’immenses qualités. Je l’ai vue le jour de sa nomination, et elle semblait toute aussi surprise que moi. Le Conseil Constitutionnel gagne une femme de grande valeur, en revanche nous perdons une élue de grande classe…

Une potentielle présidente de région ?

Elle aurait pu faire en effet une belle tête de liste pour les prochaines régionales.

Propos recueillis par Thomas Simonian

Thomas Simonian

 

 



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