Christophe Delahaye : « Garder notre département à gauche »

christophe delahaye @franck alix
Photo : F.Alix/JT

Pragmatique. Le patron du PRG 31 demande à l’Etat de se réformer au plus vite, et appelle ses amis socialistes à reconnaître le travail des radicaux. Il met aussi en garde concernant la forme nouvelle des élections départementales. Il y a même selon lui « un vrai danger » d’une victoire de la droite. Un vrai appel à la résistance.

 

Que vous inspire le succès de Syriza en Grèce ?

Je ne suis absolument pas surpris car, en ces temps de crise, le populisme gagne du terrain, même si je pense qu’en matière économique ce parti a raison sur le fond ; l’austérité a fait du mal à la Grèce … Mais observez tout de même que le discours de Syriza s’est adouci au fil du temps : Ils ne veulent plus sortir de l’Euro et veulent même négocier avec les instances européennes. La real politique revient toujours, elle est inévitable. Nous allons donc attendre un peu pour juger de l’action de Syriza.

Syriza, est-ce un signal envoyé à la gauche française ?

Mais quel signal ? Je trouve toutes les récupérations actuelles ridicules car notre pays n’est objectivement pas dans le même marasme que la Grèce. Les situations ne sont pas comparables. En revanche, cette élection en Grèce doit nous amener à avoir une vraie réflexion sur le modèle économique européen. L’austérité encouragée par Merkel est-elle vraiment bonne pour l’Europe ? La croissance de la zone euro est stagnante et on a peur de la déflation, où va-t-on ? Posons-nous les vraies questions.

Comme le reste de la classe politique êtes-vous satisfait de l’action de l’exécutif suite aux récents événements ?

Comment ne pas l’être ? Hollande et Valls ont parfaitement su gérer cette situation de crise. J’ai envie de souligner fortement le comportement du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui avait été décrié dans une affaire qui nous concerne, celle de Sivens. Là, il a été parfait de bout en bout, et ça continue.

 

« Le PS a besoin d’alliés forts à ses côtés »

 

Ces attentats seront-ils un marqueur de notre histoire récente ?

En s’attaquant à la presse et à notre liberté d’expression, on s’est attaqué à tous les Français ! On s’est attaqué à notre histoire, à notre société. Et le rebond citoyen a été magnifique.

Le PRG est-il un maillon essentiel de la majorité présidentielle ?

La réalité mathématique est que le PS n’a plus de majorité absolue à l’Assemblée nationale, et qu’il a donc besoin d’alliés forts à ses côtés. Depuis toujours le PRG a apporté quelque chose de différent à la gauche française, notamment sur les questions économiques et européennes. Et nous portons également des débats souvent tabous comme celui de la fin de vie …

Sur la réforme territoriale, votre parti s’est fortement opposé à la suppression des Conseils généraux …

Clairement oui, car il en va de l’identité même de nos territoires. Mais en revanche, nous encourageons à une clarification des compétences afin notamment de mettre fin aux doublons qui existent plus que jamais entre les collectivités locales et l’Etat. Pour que cette réforme territoriale puisse réussir, il va donc falloir que l’Etat se transforme et soit plus efficace.

Vendredi dernier, la métropole toulousaine a été officiellement lancée. Cela va-t-il changer quelque chose pour la communauté d’agglomération du murétain dans laquelle vous êtes élu ?

Aujourd’hui non. L’agglomération toulousaine a changé de statut juridique avec certains domaines de compétences qui ont été élargis, mais vis-à-vis de nous, il n’y a rien à attendre sur le court terme  d’une telle modification …

Parlons des élections départementales à venir. Où en sont vos négociations avec le PS 31 ?

Elles sont toujours en cours. Le cadre est posé et l’échange est permanent avec la fédération du PS, car l’enjeu est majeur : garder notre département à gauche. Mais nos discussions butent encore sur un canton toulousain où nous souhaitons être présents. Les socialistes ne doivent pas oublier le travail qui a été fait par les radicaux lors de la dernière municipale …

Certains socialistes vous estiment surreprésentés avec un député européen, un sénateur et nombre d’élus municipaux …

Nous connaissons ces critiques, mais que feraient les socialistes sans nous ? La réalité est que nous sommes bien ancrés dans les territoires, et particulièrement sur les gros cantons, type Blagnac, Muret, Balma ou Saint-Gaudens. Certains socialistes ont oublié la progression haut-garonnaise de notre parti, et sa nouvelle capacité à avoir des militants. Nous avons aujourd’hui près de 1000 adhérents.

Y a-t-il vraiment un risque pour la gauche de perdre le département ?

Ce scrutin va être très dangereux car sa forme est nouvelle. On renouvelle pour la première fois intégralement cette assemblée, et les électeurs ne connaissent pas forcément leurs nouveaux cantons. Il y a trop de paramètres nouveaux pour qu’il n’y ait pas un risque réel.

 

CV Express

Né le 14 février 1968. Directeur général d’un SIVOM.

Fonctions : président départemental du PRG (parti radical de gauche), conseiller régional, 1er adjoint au maire de Muret, élu de la communauté d’agglomération du murétain

 

 

 

 

 



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