Christophe Borgel « Nous ne sommes ni godillots ni déloyaux »

« Nous ne sommes ni godillots ni déloyaux », voici un slogan lancé par le député Christophe Borgel, lors d’une conférence de presse organisée lundi dernier par la fédération haut-garonnaise du PS, à l’occasion du premier anniversaire de François Hollande à l’Elysée. Des mots qui sonnent autant comme un appel à la solidarité au gouvernement, que comme un avertissement… Comme si les parlementaires socialistes, ayant pris le pouls de la population, se sentaient également investis d’une mission de garde-fous. Ils se savent aussi la catalyse de toute une population en prise directe avec une crise sans précédent. Pour autant, le sénateur Bertrand Auban n’en oublie pas l’héritage laissé à François Hollande : « Pendant dix ans, nous avons eu droit à un délabrement du tissu social. » Ce dernier n’a pas non plus hésité à analyser froidement le contexte politique actuel, « n’ayons pas la langue de bois. Il a pu y avoir durant ces premiers mois des erreurs et des couacs. » D’ailleurs, le président du Conseil Général Pierre Izard a regretté que son parti n’ait pas su dresser clairement en début de mandature « un véritable état des lieux des dix ans de droite. De dire dans quel état François Hollande avait trouvé le pays. »

Divorce avec le Front de Gauche

Devant une actualité économique, sociale voire morale, qui semble souvent dépasser le pouvoir en place, nous assistons jour après jour à un divorce à gauche de l’échiquier politique. L’ancien socialiste, devenu depuis le tribun du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon semble être entré en opposition envers l’exécutif. Une attitude qui semble décevoir et révolter Pierre Izard : « J’ai été très longtemps un compagnon de route de Mélenchon quand nous étions dans le même parti. Aujourd’hui il m’apparaît complètement rétrograde, et il est l’expression d’une volonté personnelle. Je suis davantage inquiet par la montée actuelle du Front National. » Pourtant le 5 mai dernier, ce sont bien des milliers de personnes qui ont répondu dans la rue à l’appel lancé par la « Méluche » pour une VIe république. « Sa réussite du moment est fabriquée sur l’idée d’un échec de François Hollande. C’est intolérable ! » L’attaque est cinglante, et signée Christophe Borgel. Une chose est certaine : le divorce est cette fois-ci largement consommé entre les deux gauches.

Kader Arif : « Le cap est fixé et les propositions sont au rendez-vous »

Droitisation du côté de l’UMP ?

A l’instar de Pierre Izard, le ministre Kader Arif sent incontestablement une montée du Front National : « On peut s’inquiéter ! » Une percée incarnée dans l’opinion par l’image de Marine Le Pen, mais nuancée par le maire de Toulouse, Pierre Cohen : « Je m’inquiète davantage de la frontière de plus en plus inexistante entre certaines idées du Front National et de l’UMP. Il y a actuellement une droitisation de l’UMP, y compris à Toulouse. Des actes sont posés, et démontrent de plus en plus que certains sont proches des thèses développées par l’extrême-droite. » Pierre Cohen vise là clairement son probable adversaire pour le Capitole, Jean-Luc Moudec, et a notamment critiqué vertement l’initiative de l’UMP locale de donner des cours de soutien scolaire.

Et demain ?

Pour tous les responsables socialistes toulousains réunis pour dresser un bilan de cette première année « Hollande », l’optimisme reste tout de même de mise. Christophe Borgel a mis en avant un « nouveau type de dialogue avec les Français. Une autre méthode. » Comme une comparaison avec la gouvernance sous Sarkozy « où tout venait d’en haut. » Pour Pierre Cohen « Sarkozy stigmatisait les collectivités. François Hollande a lui le mérite d’engager une réforme courageuse et complexe des collectivités territoriales… J’ai la conviction que la puissance publique ne peut plus être l’Etat. » Si le maire de Toulouse montre donc un enthousiasme certain à aller le plus loin possible dans une réforme des collectivités locales, voire une simplification du célèbre mille-feuille français, il en est sans doute autrement pour Pierre Izard, qui interrogé sur le débat posé des compétences qui seront attribuées demain aux métropoles et aux conseils généraux, a préféré la stratégie de l’esquive : « Ne pensez-vous pas que les Français ont d’autres préoccupations que celle-là ? La priorité reste l’emploi. » Autre dossier qui devrait être discuté sous peu sur les bancs de l’Assemblée nationale, celui du cumul des mandats. Pour les élus socialistes, une loi ne pourrait être envisagée qu’avec application pour 2017… L’opinion ne risque-t-elle pas d’être déçue ? L’avenir nous le dira. Optimistes certes… Mais inquiets également. Tels sont apparus les leaders socialistes du département à l’aube de l’«An 2» de François Hollande.

Thomas Simonian



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