Christophe Borgel « Nos adversaires de l’UMP se trompent d’élection »

Crédit Photo: Franck Alix/JT

Le député de la 9e circonscription est définitivement l’homme qui monte. Autant à Paris qu’à Toulouse. Logique puisqu’en tant que secrétaire national du PS chargé des élections, tout passe par lui… Ou presque. Toujours sur tous les fronts, il assume les difficultés du moment et n’esquive pas les questions qui fâchent à l’image de celle de la tête de liste aux Européennes pour la zone Sud-Ouest. Concernant les élections municipales à Toulouse, il ne sera pas sur la liste de Pierre Cohen mais va chausser ses baskets pour le porte-à-porte.

N’est-il pas difficile d’être un député de la majorité actuelle dans un tel contexte de crise ?

Absolument pas. Il n’est pas difficile de soutenir un gouvernement quand celui-ci doit faire le travail de redressement du pays qui n’a pas été fait auparavant. Nous voulons redynamiser la France et relancer la compétitivité de nos entreprises tout en redistribuant du pouvoir d’achat. Quand on assume la parole gouvernementale et qu’on prend la peine d’expliquer notre action à nos compatriotes, ils comprennent.

Depuis son élection, François Hollande est fortement décrié sur sa politique fiscale. Or son premier ministre vient tout juste d’annoncer une remise à plat de notre système fiscal pour 2015. Une manière de reprendre la main ?

Cela montre que nous avons un gouvernement qui est à la fois ferme sur sa volonté de redresser le pays, mais qui dans le même temps entend l’inquiétude et le poids de l’effort demandé aux citoyens. Notre majorité se lance dans cette remise à plat car nous savons que pour que l’impôt soit accepté  dans un cadre républicain, il faut qu’il soit à la fois compréhensible et juste.

Mais n’est-ce pas un moyen de vous écarter de la mauvaise passe traversée avec l’écotaxe ?

Honnêtement, on ne se lance pas dans une telle concertation juste pour écarter un autre sujet… C’est une affaire d’une trop grande ampleur.

En tant que secrétaire national du PS aux élections, comment appréhendez-vous les prochaines échéances électorales ? Aurez-vous droit à un vote sanction ?

Je crois que nos adversaires de l’UMP se trompent d’élection en faisant des municipales un enjeu national. La réalité est que les questions posées aux électeurs sont : Qui voulez-vous comme maire ? Et quel projet soutenez-vous pour l’avenir de votre ville ? Vous verrez que la majorité des électeurs vont répondre aux vraies questions posées. Mon sentiment est donc que nous n’aurons pas la vague bleue qu’espère l’UMP.

Outre les Municipales, vous êtes également dans une période d’investitures pour les Européennes à venir. Or les fédérations socialistes du Sud-Ouest semblent mener une fronde contre le projet d’une tête de liste PRG. Qu’en est-il ?

Nous dialoguons sans cesse avec notre base. Toutes nos fédérations ont conscience de la nécessité d’avoir des accords avec des partenaires, et en particulier avec le PRG qui a toujours été un allié fidèle et loyal. Avec ce parti, nous avons passé un accord qui court sur l’ensemble de l’année électorale avec les élections municipales, européennes et sénatoriales. Pour les Européennes, nous avons pris l’engagement qu’il y ait un candidat PRG en position éligible dans l’une des circonscriptions du pays. Alors il est vrai que la question touche aujourd’hui directement la circonscription Sud-Ouest puisque notre premier secrétaire (Harlem Désir, ndlr) a proposé la tête de liste au PRG. Les discussions sont encore en cours et les fédérations ont en effet exprimé leur incompréhension, pour ne pas dire plus. On va donc prendre le temps du dialogue pour nous permettre d’entrer sereinement dans cette bataille électorale. Il faut donc encore travailler à convaincre.

Rien n’est donc décidé pour la tête de liste ?

A aujourd’hui notre premier secrétaire a proposé la tête de liste au PRG, c’est donc notre hypothèse de travail.

Sur Pierre Cohen : « Il donne l’image d’un élu qui ne se la raconte pas »

Parlons des municipales à Toulouse. Pour quelles raisons Pierre Cohen est-il selon vous l’homme de la situation ?

Pierre a clairement mis Toulouse en dynamique. Son bilan parle autant que les premiers sondages. Je trouve d’ailleurs ridicule l’angle d’attaque de Jean-Luc Moudenc sur la question de l’identité toulousaine. On voit bien là son état d’esprit. Il n’est pas question pour lui que Toulouse rayonne, mais bien qu’elle soit enfermée et bien protégée… Trop protégée. Pierre Cohen a bien compris au contraire que Toulouse avait besoin d’une autre dimension avec le développement des transports et le lien avec le tissu économique et industriel. Par ailleurs, il a engagé une remarquable rénovation de la ville, aussi bien dans le centre avec le plan Busquets que dans les quartiers populaires type Bagatelle. Dans les deux cas, les riverains sont contents. Les Toulousains voient bien qu’il a engagé sa ville sur un chemin qui n’en est qu’à son premier mouvement… Il s’agit maintenant de faire avancer durablement Toulouse. Mais je pense aussi que Pierre Cohen est l’homme de la situation car au moment où beaucoup doutent de la politique, il offre l’image d’un élu d’une intégrité totale et qui ne se la raconte pas.

Comment allez-vous participer au combat municipal ?

Avec une paire de baskets et des doigts pour taper aux portes. Il est important que les militants voient les élus à leurs côtés dans cette bataille. Ce travail de terrain est une des clés de la victoire.

Serez-vous sur la liste ?

Non, mais il n’y a pas besoin de cela pour s’engager dans cette campagne.

Propos recueillis par Thomas Simonian



3 COMMENTAIRES SUR Christophe Borgel « Nos adversaires de l’UMP se trompent d’élection »

  1. Lattes Jean Michel dit :

    Le profil type de l’homme d’appareil… En charge des élections et qui se réserve une circonscription… Rapporteur sur le cumul des mandats mais en oubliant durant 10 mois de démissionner de son mandat parisien… Porte flingue de Cohen pour supprimer le SICOVAL…

  2. mouret dit :

    Personne ou peu ne parle de réduire la voilure et le mille feuille.

  3. Gold31 dit :

    Allons monsieur Borgel, pour un peu vous nous feriez croire que le PS local n’a rien à voir avec le plan national, François Hollande et son gouvernement.
    Nous saurons en mars si vous dites vrai, mais j’en appelle moi au sursaut toulousain!
    Vous semblez ne pas connaître le vote sanction…soyez patient!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.