Christine de Veyrac «Toulouse n’a pas d’ambition !»

La députée européenne n’est pas résignée. Loin s’en faut. Certains auraient pu penser qu’après la guerre interne au sein de l’UMP locale qui l’a opposée en 2010 à Jean-Luc Moudenc, elle prendrait le large… Ceux-là ont déjà perdu leur pari. Christine de Veyrac est plus Toulousaine que jamais. Sanofi, Francazal, sécurité et… municipales, elle aborde tous les sujets sans détour. Quant à 2014, elle se prépare et dit se rapprocher de la société civile. Pour quelle ambition ? That is the question.

 

Vous avez réagi à l’actualité brûlante en prenant position sur le dossier des Roms. Pour quelles raisons ?

C’est un dossier qui concerne l’Europe. Même si le Parlement européen n’a pas de pouvoir direct sur ce dossier, nous avons tout de même adopté des résolutions… Je me surprends à entendre aujourd’hui Manuel Valls dire que «c’est un vrai problème», alors que la gauche a toujours nié l’explosion de la délinquance des Roms. Je ne suis pas certaine que faciliter l’accès au travail pour les Roms soit un bon signal à envoyer… C’est plutôt un appel d’air pour en faire venir davantage ! Le gouvernement fait fausse route et je pense qu’il devrait avoir d’autres priorités pour le moment.

L’actualité toulousaine, ce sont aussi les plans sociaux en cours… Et notamment à Sanofi. Peut-on convaincre cette entreprise de revenir sur ses intentions ?

J’ai le sentiment dans cette affaire qu’il y a une réelle volonté politique de l’ensemble des élus, de se mettre ensemble pour défendre ces salariés. Pour ma part, je me battrai jusqu’au bout pour maintenir Sanofi à Toulouse… mais aussi l’Oncopôle, initié par Philippe Douste-Blazy, qui participe à l’ambition de notre ville.

Vous êtes très active sur le projet cinéma de Francazal et l’arrivée possible d’un studio américain sur ce site. Ce dossier donne le sentiment de traîner, non ?

Ce projet est 100% privé et ne coûterait pas 1 euro au contribuable. Nous avons des Américains qui sont prêts à venir, qui patientent depuis des mois, et qui proposent à notre agglomération 5000 emplois directs et 5000 emplois  indirects. Il est même question que 1000 emplois soient créés dès janvier 2013. Malgré tout cela personne ne bouge !  J’ai même été effarée de constater, dans une certaine presse,  que certains «torpillaient» un tel projet… En temps de crise, nous n’aurons pas beaucoup d’opportunités comme celle-là.

L’été a été «chaud» dans les quartiers toulousains. Des drames sont intervenus sur Bagatelle et Empalot. La Mairie de Toulouse prend-elle selon vous la mesure de ce qui se passe ?

Ce qui se passe dans ces quartiers est en effet inquiétant. Il y a en fait deux problématiques posées qui sont  l’emploi et la sécurité. Jusqu’à présent, la réponse de la Mairie était «Ce n’est pas nous, c’est l’Etat !» Aujourd’hui Pierre Cohen et ses amis ne peuvent plus le dire, et il est impératif par exemple de mettre en place une synergie entre la police nationale et municipale. Il y a plein d’idées à avoir pour motiver et impliquer la police municipale. Par ailleurs, il y a des habitants dans ces quartiers, respectés comme des «sages» par les plus jeunes, qui agissent de leur propre initiative, que nous pourrions mettre en avant et soutenir… Ils pourraient être des pacificateurs.

«Je ne travaille pas pour moi»

On vous sent impliquée dans les dossiers toulousains. Quel rôle allez-vous jouer dans la campagne municipale qui se profile ?

Une chose est claire : je ne travaille ni pour moi ni… contre personne. Mais je suis sidérée par le manque d’ambition pour Toulouse. J’aimerais avoir pour notre ville un Alain Juppé ou un Gérard Collomb. Un développeur qui puisse la faire «décoller» ! Avoir un candidat c’est bien, avoir un candidat qui puisse être élu, c’est encore mieux, mais la question que je pose est : Pour quoi faire ? Mon opinion est qu’il faut que la société civile s’implique dans cette campagne.

Mais vous n’êtes pas censée ignorer que certains se préparent à l’échéance municipale, y compris dans votre camp ?

Mais personne n’est candidat de droit divin ! Et il n’y a pas que des politiques qui peuvent devenir maire ! L’électeur ne s’intéresse pas aujourd’hui à savoir qui sera tête de liste entre Pierre, Paul ou Jacques. Il souhaite que notre ville soit prospère et qu’elle ait un rayonnement européen et international.

Suivez-vous la campagne interne de l’UMP pour la présidence du parti ?

Pas vraiment. Je suis d’ailleurs surprise de constater qu’il s’agit en fait d’une campagne pour 2017.  Ce que j’attends des candidats, c’est qu’ils nous disent de quelle manière ils vont gérer et réorganiser l’UMP, tant au niveau national qu’au niveau des fédérations départementales. Nous pourrions imaginer des modes loyaux de désignation des candidats autant pour la présidentielle que pour les élections locales.

 

Thomas Simonian



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