Christine de Veyrac «Le retour dans ma famille»

Dimanche dernier, c’est un Jean-Louis Borloo «chaud comme la braise» qui a lancé à la Mutualité    son nouveau parti l’UDI (Union des démocrates indépendants). Le leader centriste avait réservé pour l’occasion quelques surprises, dont l’une a été de taille pour le paysage politique toulousain. La députée européenne UMP Christine de Veyrac a en effet désormais fait le choix du centre. Elle livre au JT les raisons de ce choix… Et le sourire en coin aborde l’échéance 2014. Car Christine de Veyrac le sait bien… Avec cet acte, elle vient de rabattre certaines cartes.

 

Après avoir été la présidente départementale de l’UMP, puis après avoir connu une terrible bataille interne en 2010 dans ce même parti, pour quelles raisons faire aujourd’hui le choix de l’UDI ?

Depuis deux ans, je m’étais totalement éloignée de l’UMP. Or ces dernières semaines, Jean-Louis Borloo puis Philippe Folliot (coordinateur régional) et Jean Iglesis (coordinateur départemental) m’avaient sollicitée pour rejoindre l’UDI. L’UMP à laquelle j’avais cru, et j’avais d’ailleurs prononcé quelques mots à son congrès fondateur en 2002, c’était la réunion entre le RPR et l’UDF…  Aujourd’hui on observe avec les candidats à l’élection à la présidence de l’UMP, que le parti devient beaucoup plus tendance RPR qu’UDF, et cela ne me correspond plus. Dimanche, j’étais donc présente à l’assemblée constituante de l’UDI, et j’ai vraiment eu l’impression d’assister à une renaissance de l’UDF. Je me suis sentie chez moi.

Alors pourquoi avoir indiqué votre préférence envers François Fillon il y a quelques jours ?

Mais je le referais aujourd’hui… Je soutiens François Fillon ! Certes je suis désormais à l’UDI, et je ne prendrai pas part au vote, mais je dis haut et fort : nous devons être, UMP et UDI, des alliés. Et franchement je préfère dialoguer avec François Fillon comme allié.

Certains pensent pourtant que Copé à la tête de l’UMP serait un plus pour l’UDI…

Quand on commence à faire ce type de calculs, cela vous retombe toujours dessus. Soyons vrais !

«Aujourd’hui je suis une simple adhérente»

 

N’êtes-vous pas à l’UDI par une promesse de Jean-Louis Borloo d’être tête de liste aux municipales ou aux européennes ?

Je peux vous garantir que non. Savez-vous que je suis assez bête pour être allée à l’UDI sans avoir négocié quoi que ce soit ? Je ne peux faire que ce à quoi je crois.

Qu’est-ce qui sépare philosophiquement l’UDI de l’UMP ?

C’est l’Humain. Il y a dans l’ADN du centre cette dimension humaine qui est très importante. L’UDI est aussi le seul parti français qui est à 100 % européen, ce qui n’est pas fait pour me déplaire. L’envie de Jean-Louis Borloo est d’en faire également un parti ouvert sur la société civile, et c’est ce que j’ai moi-même entrepris à Toulouse avec le mouvement «Rive droite, rive gauche» Cette ouverture me tient très à cœur.

Quelle va être votre place au sein de l’appareil UDI toulousain ?

Aujourd’hui je suis une simple adhérente, et dès cette semaine nous allons entamer localement avec tous les responsables centristes un cycle de réunions afin de nous structurer et de nous répartir les tâches. Je souhaite vraiment travailler avec eux dans une ambiance agréable et constructive. Je vais être avec des amis.

Jean-Louis Borloo a ciblé Toulouse parmi les villes à reconquérir pour le centre…

Cela vous étonne (rires) ! Notre ville a toujours été, jusqu’en 2008, géré au centre. Elle a donc vocation à le redevenir…

Vous pensez donc que si une alliance doit être réalisée avec l’UMP pour les municipales, la tête de liste devra être plutôt centriste ?

Vous devriez interroger Jean-Louis Borloo sur le sujet, mais je pense que c’est bien ce qu’il veut dire. Je l’ai en tous les cas bien compris comme ça. De toute façon, y compris avec l’UMP, je suis dans un état d’esprit constructif… Je n’ai jamais d’ailleurs jamais dit quoi que ce soit de négatif sur qui que ce soit. Je souhaite que tout le monde en fasse de même afin que nous puissions travailler ensemble. Maintenant je reste à ma place, et c’est à Jean Iglesis de voir comment il souhaite organiser les relations à venir avec l’UMP.

Depuis l’annonce de votre arrivée à l’UDI, il y a eu beaucoup d’agitation sur les réseaux sociaux, et vous avez fait l’objet de violentes attaques parfois d’ordre personnelles… Votre réaction ?

Je n’y ai pas répondu, et mon entourage non plus. Tournez-vous plutôt vers ceux qui ont lancé ces attaques ! Je crois que si je disais que j’allais acheter une glace à la fraise, la fraise deviendrait, de la part d’un groupuscule, l’objet de débordements verbaux (rires.)  Ce n’est en tout cas pas le meilleur moyen d’ouvrir le dialogue entre nous…

 

 Thomas Simonian



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