Catherine Lemorton ne veut pas entendre parler de ses adversaires

Catherine Lemorton

«Je suis une députée qui s’éclate !»

En 2007, elle avait su créer la surprise en battant Jean-Luc Moudenc. Aujourd’hui, elle s’est installée dans le paysage politique national, au point de faire partie du staff de campagne de François Hollande. Le verbe haut, la députée socialiste sortante de la première circonscription est de nouveau sur les marchés, prête à en découdre… Et elle aime ça.

Assiste-t-on un moment «délicat» de la campagne de François Hollande ?

Vous savez, une Présidentielle c’est comme une «course de fond», mais François Hollande a cette faculté de rester d’un calme olympien. Quelque soient les événements, les attaques ou les surprises, il reste le même. Cela m’épate d’ailleurs. Je ne suis donc pas inquiète, bien au contraire.

La montée en puissance de Jean-Luc Mélenchon ne vous inquiète-t-elle pas ?

Pas du tout, elle est même positive pour deux raisons. La première est qu’il mobilise des jeunes qui ne seraient pas allés voter. J’ai pu le constater par le prisme des amis de ma fille qui a 18 ans, et qui va voter pour la première fois. Mais il réussit également à «capter» un électorat populaire qui aurait pu être tenté par Marine Le Pen. Nous retrouverons ces électeurs au deuxième tour, et je trouve que c’est une excellente chose.

Vous faites partie, sous la houlette de Marisol Touraine, du pôle santé de l’équipe de campagne de François Hollande. Dans ce domaine-là, quel est pour vous le bilan de Nicolas Sarkozy ?

Une catastrophe. Avec son gouvernement, il a creusé les inégalités en termes d’accès aux soins entre les Français. La dernière véritable mesure de santé publique, c’est le PS qui l’a faite avec la CMU (couverture maladie universelle). Les plus pauvres ont ainsi pu revenir dans le droit commun pour aller se faire soigner… De plus, nous avons un déficit structurel de 8 à 10 milliards d’euros et qui n’est pas dû à la crise. Même Philippe Seguin, ancien président de la cour des comptes, deux mois avant son décès, avait souligné que ce déficit était lié depuis 2002 à des choix politiques.

«Je peux regarder mes électeurs en face»

Parlons des législatives. Vous êtes de nouveau candidate sur la première circonscription. Quel bilan tirez-vous de votre première mandature à l’Assemblée nationale ?

Extraordinaire. Je ne regrette absolument pas d’avoir opté pour le mandat unique, cela m’a permis de travailler comme une «folle». Je me suis régalée et j’ai appris plein de choses. Je me suis battue comme par exemple pour la loi sur le médicament, ou sur celle concernant la biologie médicale. Je suis une députée qui s’«éclate» ! Je peux regarder mes électeurs en face, j’ai fait le «job».

Vous maintenez votre position sur le mandat unique ? Vous ne serez pas présente sur d’autres combats électoraux comme les municipales de 2014 ?

A priori non, Pierre Cohen est légitime pour y repartir. Je reste sur ma position. J’ai refusé les combats municipaux et régionaux passés, ce n’est pas pour changer d’avis aujourd’hui. Je me suis engagée vis-à-vis des électeurs.

Aujourd’hui vous êtes donc de nouveau en campagne. Etes-vous sereine à l’approche de cette échéance législative ?

Non, j’ai peur comme la première fois. C’est de nouveau un challenge, un combat. Si je perdais, ce serait terrible pour moi… Je me dirais «Tu as respecté tes engagements, tu as beaucoup travaillé, mais tout ça n’a servi à rien !» Rien n’est jamais gagné.

Vous suivez la campagne de vos adversaires ?

Du tout. C’est l’erreur à ne pas faire. Moins on parle de l’adversaire, mieux c’est. Je ne me concentre que sur ma campagne. Je creuse mon sillon. D’ailleurs sur les marchés et les manifestations, personne ne me demande qui est mon adversaire… Et quand on me dit «C’est Sacha Briand», je réponds «C’est qui ça ?». Aucun avis, aucune critique.

Après la tuerie, les questions…

«Il faudra bien savoir à quel moment notre République a failli dans le parcours de Mohamed Merah ? Comment le bébé Mohamed est-il devenu 23 ans après cette «bête froide» ? Comment va-t-on repérer les prochains Mohamed Merah ?» (Catherine Lemorton).



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