Municipales Castanet-Tolosan : Les trois candidats se livrent

De gauche à droite : Patrice Tournon, Arnaud Lafon et Marc Tondriaux

 

A Castanet-Tolosan, trois candidats sont aujourd’hui déclarés pour les prochaines municipales. Arnaud Lafon (MoDem), maire sortant, se représente pour un 3e mandat. Face à lui, Marc Tondriaux (PS) rassemble l’ensemble des composantes de gauche. Patrice Tournon (SE), adjoint au maire de 2001 à 2008, s’oppose aujourd’hui au sortant.

Quelles sont les motivations de votre candidature ?

Arnaud Lafon : Je veux continuer à mener à bien mon projet. On est parti de loin à Castanet, le patrimoine était dégradé, les finances étaient également dans un état difficile. Il a fallu tout remettre à niveau. Pendant, mon premier mandat, j’ai stoppé l’inertie et pendant le deuxième, on a mis en œuvre notre programme. Aujourd’hui, je veux apporter, en cette période de crise et de désengagement de l’Etat, une stabilité dans la gestion de la ville.

Marc Tondriaux : J’ai la conviction qu’après treize ans de mandat d’Arnaud Lafon, on devait proposer une alternative aux Castanéens. Pour avoir des chances de gagner, il fallait une union de l’ensemble de la gauche. Vu le contexte historique, j’étais le mieux à même de réussir cette union (Marc Tondriaux s’est tenu en dehors des conflits internes lors des dernières élections, ndlr). Et puis, au niveau personnel, je suis davantage disponible aujourd’hui car j’ai démissionné de la structure Airbus.

Patrice Tournon : Je me présente pour les mêmes raisons qu’en 2001 : pousser l’ancienne municipalité dehors. Arnaud Lafon a renié ses engagements en arrêtant le développement économique de la ville et en favorisant la construction d’immeubles à outrance. Il avait également promis de ne pas augmenter les impôts, mais depuis 2008, Castanet est le record de France des villes de 10 000 habitants à avoir le plus augmenter ses impôts.

Où en êtes-vous dans votre campagne ?

Arnaud Lafon : Nous avons des échos favorables des habitants, qui sont plutôt satisfaits de la municipalité actuelle. Je n’ai pas encore présenté mon programme, mais j’ai dévoilé mes deux axes forts : le bien-vivre ensemble, qui passe par la sécurité de la ville, et la stabilité fiscale. Au niveau de ma liste, un tiers des personnes n’a jamais été élu, 9 personnes sont des élus depuis 2001 et 11 depuis 2008.

Marc Tondriaux : Ma liste est bouclée. Je l’ai présentée aux habitants il y a trois semaines et je la dépose ce vendredi à la préfecture. Le programme est prêt, il fera l’objet d’un tract diffusé la semaine prochaine. Il a été élaboré par un travail de groupe, avec l’ensemble des composantes de la liste. Nous avons déjà tenu 8 réunions thématiques, frappé à plus de 3000 portes et organisé des rencontres de quartier chaque semaine depuis début janvier. Nous avons également fait le tour des commerçants, qui se sont étonnés de l’absence d’Arnaud Lafon dans cette campagne. Peut-être se sent-il au-dessus de tout ça ?

Patrice Tournon : Je me prépare moralement depuis 6 ans. Début 2013, j’ai réuni 80 personnes motivées pour s’organiser. Soit il y avait une 3e liste intéressante et on l’aurait soutenue, soit personne d’autre ne se présentait et on y allait. Donc on était prêts. Pour ma liste, j’avais plus que le nombre, il a fallu choisir. Nous avons beaucoup d’artisans, de commerçants, de chefs d’entreprise et de professions libérales. La force de cette campagne est le soutien des professionnels locaux. Maintenant, mon équipe a engagé un travail de terrain pour se faire connaître des nouveaux habitants.

Quelles sont vos priorités pour Castanet-Tolosan ?

Arnaud Lafon : Mettre à disposition des habitants les équipements publics dont ils ont besoin, comme un centre de loisirs, des structures d’accueil pour la petite enfance et les séniors, des infrastructures sportives. Le plus gros dossier des prochains mois sera l’aménagement des rythmes scolaires : nous mettons en place une activité extrascolaire par soir, disponible gratuitement, un sport pour le lundi, une activité culturelle, le mardi, l’apprentissage d’une langue, le jeudi et l’accompagnement au devoir, le vendredi.

Marc Tondriaux : Reprendre la maîtrise de l’urbanisation, et non pas la “stopper” comme le déclare Patrice Tournon. Redonner des moyens aux associations en termes d’équipements collectifs. Je veux également prioriser la jeunesse, en pensant un espace de rencontres mais aussi d’aides pour trouver des stages, des apprentissages ou un emploi. Au niveau de l’action sociale, malgré le transfert de compétences au Sicoval, les élus doivent jouer un rôle dans le maintien des services de proximité. Tout comme dans le développement de l’emploi de proximité, y compris dans le domaine de l’ESS (Economie Sociale et Solidaire).

Patrice Tournon : Arrêter tout ce que je peux au niveau des constructions. En plus des équipements nécessaires et coûteux pour accueillir les nouveaux habitants, cela crée des nuisances au niveau de la circulation et du stationnement. Ma priorité sera également de mettre en place des services de proximité, un lieu de vie pour les jeunes, des services pour le maintien à domicile des personnes âgées par exemple. Mais je veux aussi favoriser le tissu associatif en instaurant une meilleure équité dans les subventions. En tant que président de l’association des commerçants, et d’une association des blessés du rugby, je suis un amoureux des associations. C’est toute ma vie.

Après deux mandats d’Arnaud Lafon, le temps est-il venu de l’alternance ?

Arnaud Lafon : Seuls les habitants décideront. S’ils veulent le changement pour le changement, ils voteront en conséquence. Moi, j’ai du mal à voir ce que veulent mes opposants : ils n’ont pas de programme, pas d’axes de travail. Leur seule motivation est de mettre l’équipe actuelle dehors. On est à 35 jours du 1er tour et il n’y a pas de campagne.

Marc Tondriaux : Les deux autres candidats représentent globalement ce qui s’est fait ces 13 dernières années. Ce sont deux listes de droite. Même si Patrice Tournon se présente sans étiquette, il mène une liste de droite et assez populiste. Un de ses slogans, “Castanet aux Castanéens”, n’est pas sans rappeler “La France aux Français”… C’est un apolitisme de façade, voire d’opportunisme. Il est temps que Castanet repasse à gauche.

Patrice Tournon : Je suis candidat pour que ceux qui étaient là avant 2001 ne reviennent pas et pour que la droite s’en aille. Je ne propose pas une alternance mais le changement du tout au tout. Je veux mettre les partis politiques dehors. La gauche ou la droite, c’est la peste ou le choléra. Moi je suis pour un service public au service du public et pas au service des partis politiques.

Propos recueillis par Coralie Bombail



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