Carole Delga : « J’ai toujours lié ma décision à celle de Martin Malvy »

carole delga

Chef de file. La secrétaire d’État s’est imposée comme la future tête de liste socialiste aux prochaines élections régionales. Son ticket avec Damien Alary (actuel président de Languedoc-Rousillon) a en effet séduit les militants. De son action au gouvernement jusqu’à son ambition régionale, elle dit tout.

Propos recueillis par Thomas Simonian

 

Les récents sondages de popularité des personnalités politiques montrent que tout le monde perd du terrain sauf Marine Le Pen. Que faire face à ce constat alarmant ?

Ces sondages sont trop récents et pas encore confirmés dans le temps. Il faut donc relativiser toutes les interprétations qui peuvent être données aujourd’hui. Mais il est clair que tous les élus doivent se remettre en question et maintenir une proximité avec nos concitoyens. Concernant le Front National il nous faut avoir un discours très clair et répondre aux mensonges délivrés par Marine Le Pen et consorts. Dénonçons les faux-semblants que certains font passer pour des solutions.

Parlons ESS (économie sociale et solidaire, ndlr). Pourquoi le modèle des entreprises coopératives n’est-il pas encore suffisamment connu ?

Il faut savoir que la création d’une société coopérative demande le plus souvent beaucoup de temps, car elle nécessite que plusieurs salariés se fédèrent autour du même projet. C’est une création collective et non individuelle. Mais il est vrai que nous devons promouvoir davantage ce modèle économique qui a démontré qu’il était générateur d’emplois durables et qu’il savait résister à la crise. J’encourage d’ailleurs les assemblées consulaires à davantage travailler sur l’économie sociale et solidaire. Nous ne sommes qu’au début de cette nouvelle aventure.

Comment soutenir davantage les PME-TPE, artisans et commerçants, qui restent les premiers employeurs de notre pays ?

Plusieurs fronts ont été ouverts. Le gouvernement a entamé un gros travail sur la question de la baisse des charges, car il s’agit de rendre nos entreprises plus compétitives. Il ne faut pas qu’une embauche soit synonyme d’un alourdissement pour l’employeur. Par ailleurs, nous mettons en place un dispositif avec la BPI (banque publique d’investissement, ndlr) afin de permettre aux entreprises d’avoir des garanties vis-à-vis des banques, ainsi que des financements adaptés.

 

 « Dénonçons les faux-semblants que certains font passer pour des solutions »

 

Pensiez-vous depuis longtemps à l’échéance régionale ?

Pour être honnête non, car la configuration de l’élection qui aura lieu en décembre est connue depuis finalement peu de temps. Nous ne connaissions ni le périmètre du territoire, ni le calendrier … Par ailleurs, j’ai toujours lié ma décision à celle de Martin Malvy, car s’il avait été candidat je lui aurais apporté tout mon soutien.

Quel regard portez-vous d’ailleurs sur Martin Malvy ?

C’est une figure politique qui aura marqué à la fois le pays et notre région. Il est d’une envergure incontestable qui a d’ailleurs souvent dépassé les clivages politiques. Il a toujours eu une vision pertinente de son territoire, en sachant anticiper les difficultés à venir … J’ai beaucoup d’admiration et de respect pour lui. Son éthique et sa probité sont si rares. Il est un exemple à suivre.

Votre désignation par les militants socialistes comme tête de liste aux régionales s’est faite en pleine campagne départementale. N’était-ce pas un jeu dangereux ?

Absolument pas, d’autant que ce vote était difficile à caler car nous avons en ligne de mire non seulement les élections départementales, mais aussi notre congrès. Dans ces conditions, le calendrier idéal n’existait pas, mais nos militants ont su formidablement faire la part des choses.

Votre adversaire pour cette primaire était Christian Teyssedre, le maire de Rodez. Allez-vous désormais travailler ensemble pour cette campagne ?

Bien entendu car avec Christian nous partageons la même volonté de maintenir cette grande région à gauche. C’est un homme intelligent et constructif qui va donc m’aider à rassembler notre camp pour aller vers la victoire.

Pour gagner il va également falloir s’entendre avec le PRG. Or, on sait que Jean-Michel Baylet pousse la candidature de votre collègue Sylvia Pinel  comme chef de file de la gauche …

Les discussions entre nos deux partis respectifs sont toujours en cours mais sont nationales. Elles ne concernent pas uniquement notre région. La demande du PRG est d’avoir une tête de liste sur l’une des treize régions. Je pense qu’un accord devrait être trouvé sur une région …

Qui ne serait donc pas Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon ?

Je ne le pense pas …

On ne connaît pas encore votre adversaire, et on ne sait donc pas s’il sera issu de l’UMP ou de l’UDI. Cela changera t-il quelque chose à votre campagne ?

Quand on s’engage dans un combat ce n’est pas en fonction de l’adversaire, et je m’engage de mon côté à fond pour proposer un projet d’avenir à notre grande région. Je n’ai donc pas d’avis sur l’identité de mon futur adversaire, mais je note que contrairement à nous ce ne seront pas les militants qui choisiront, mais bien les appareils. Au PS, nous sommes dans une concertation permanente avec les militants, l’UMP et l’UDI ne peuvent pas en dire autant.

 

 

CV Express

Née le 19 août 1971. Fonctionnaire territoriale. Tête de liste PS aux prochaines élections régionales.

Fonctions : secrétaire d’État en charge du commerce, de l’artisanat, de la consommation et de l’économie sociale et solidaire / Première adjointe de Martres-Tolosane (31)

 

 

 

 

 



UN COMMENTAIRE SUR Carole Delga : « J’ai toujours lié ma décision à celle de Martin Malvy »

  1. Alcofribas Nasier dit :

    Il est vrai que le premier secrétaire du PS a toujours été nommé par les militants….
    Cambadelis en sait quelque chose…. Et Harlem Désir a été nommé dans la plus grande transparence… Oups!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.