Café politique : Les jeunes dans l’arène !

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Mardi dernier, l’association des lecteurs du Journal Toulousain a tenu son deuxième café politique sur le thème du renouvellement et de la parité en politique. Benjamin Vignau, président des jeunes UDI, Sophia Belkacem, adjointe à la mairie de Toulouse et Manuel Bompard, secrétaire fédéral du Parti de Gauche 31 ont répondu présent à l’invitation. Compte-rendu.

 

Le renouvellement des générations en politique est une question cruciale, dans un contexte de désenchantement général vis-à-vis de nos institutions. Est-ce une nécessité pour redonner confiance aux citoyens ? « Si des jeunes aux dents longues remplacent des vieux aux dents longues, ça ne change rien », tranche d’emblée Manuel Bompard qui prône l’idée de « mettre fin à l’idée de classe politique, à ce système qui organise la confiscation du pouvoir ». Benjamin Vignau parle quant à lui « d’aristocratie politique » en remarquant que l’Assemblée nationale n’est pas représentative de la société française : « Il ne peut pas y avoir que des fonctionnaires, des rentiers et des héritiers ! », clame-t-il. Selon ce jeune UDI, le problème de génération et la répartition hommes-femmes participent du « fossé entre politiques et citoyens ». Sophia Belkacem, une des plus jeunes élues du Capitole témoigne de son expérience sur le terrain : « Lors de la campagne, on sentait que les gens ne croyaient plus en leurs politiques, tous bords confondus. Il faut renouveler les générations mais surtout changer la façon de faire de la politique », estime-t-elle. En tant que maire de quartier, elle explique tenir son « engagement de proximité », notamment en prenant le temps de répondre elle-même à tous les mails qu’on lui envoie : « Je me responsabilise pour prendre en charge les problèmes des gens, pendant un mandat, il faut garder les pieds sur terre ».  Pour Benjamin Vignau, le problème c’est « la professionnalisation des politiques ». « Il faut limiter le cumul des mandats ! » martèle Manuel Bompard. « D’ailleurs Jean-Luc Moudenc a donné l’exemple en abandonnant son poste de député », réagit Sophia Belkacem. « Et Laurence Arribagé ? » (adjointe au maire et députée, ndlr) rétorque le représentant du Parti de gauche…

« Il faut renouveler les générations mais surtout changer la façon de faire de la politique »

Dans la salle, les réactions commencent à fuser : « Vous parlez de la professionnalisation de la politique, vous pouvez me dire quand Jean-Luc Mélenchon a touché sa dernière feuille de paye ? », questionne David Saforcada. Isabelle Hardy, conseillère d’opposition PS et candidate aux départementales, était présente dans la salle aux côtés des socialistes Pierre Juston et Serge Soula (conseiller général sortant, candidat) : « Il ne faut pas confondre proximité et démocratie locale », remarque-t-elle à l’attention de Sophia Belkacem, « la proximité peut aboutir au clientélisme ». Elle soulève également la question du statut de l’élu, qui doit souvent mettre sa carrière professionnelle entre parenthèses pour assurer ses fonctions. « Je m’attendais à tout sauf à ce débat ! », intervient Nicolas Lafforgue, « quand est-ce qu’on a arrêté d’avoir des idées en politique ? », s’interroge-t-il, nostalgique de la « guerre Camus/Sartre ».

Le débat se poursuit sur la parité. « Une bonne chose même si ce n’est pas suffisant », pour Manuel  Bompard qui rappelle l’enjeu du non cumul des mandats dans le temps « pour permettre aux femmes d’entrer en politique ». Benjamin Vignau ne peut s’empêcher de remarquer « qu’on met en place la parité à l’heure où le pouvoir n’est plus aux mains des politiques, mais des conseils d’administration des grandes entreprises…où il y a encore peu de femmes. » Très concernée par le sujet, Sophia Belkacem se rappelle que c’est grâce à la parité qu’elle a pu exercer un premier mandat à l’âge de 24 ans (à Bézier, ndlr) « et beaucoup de mes collègues sont dans le même cas », signale-t-elle. En revanche, elle n’est pas vraiment pour « les quotas » qui poussent à choisir des femmes parce qu’il faut des femmes : « Je suis pour la parité mais à compétence égale ! »  Un débat sur les jeunes et la place des femmes, sans jeunisme ni féminisme à outrance… La nouvelle garde est plutôt mûre.



UN COMMENTAIRE SUR Café politique : Les jeunes dans l’arène !

  1. Romain JAMMES dit :

    C’est quoi le “féminisme à outrance” ?

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