Briançon et Spanghero jugent Hollande

Chaque mois votre hebdo met  face à face deux politiques locaux. François Briançon, l’adjoint aux sports de Pierre Cohen, et Nicolas Spanghero, président des Jeunes actifs de l’UMP 31, échangent sur les premiers pas de François Hollande à l’Elysée. Morceaux choisis.

Comment avez-vous vécu ces premiers mois de présidence Hollande et ce changement de personnalité à l’Elysée ?

XS : Je la cherche encore la personnalité de François Hollande. Je pense que nous avons un président intelligent, qui a su « surfer » sur la vague anti-Sarkozy. Il a joué ce rôle durant toute la campagne, a été élu, mais continue toujours dans ce registre … Et pour moi le gros problème aujourd’hui, c’est qu’il n’a toujours pas les habits de chef d’état. François Hollande n’est pas encore Président de la république. Du coup il laisse Nicolas Sarkozy en référence.

FB : Je dois avouer que la question des personnalités des hommes politiques me paraît secondaire en comparaison avec les dossiers qu’ils ont à traiter. Je ne sais pas si Xavier Spanghero connaît personnellement Nicolas Sarkozy, mais je connais un peu François Hollande, sans être un intime bien entendu. Je faisais partie des jeunes responsables socialistes qu’il avait fait entrer au Conseil national lors du congrès de Dijon (2003). C’est un homme simple, profondément intelligent, un économiste … Qui a toutes les qualités pour réussir dans une période très compliquée.

Xavier Spanghero (UMP) : « Il y a une responsabilité du gouvernement dans la situation actuelle »

La priorité d’aujourd’hui c’est l’emploi ? :

FB : Il ne faut pas nier que la situation est gravissime. Et à partir de là il fallait prendre un certain nombre de mesures. Le gouvernement essaie d’agir sur trois leviers : La réduction des déficits publics, le pouvoir d’achat et en effet la question de l’emploi.

XS : Nous avons un contexte de forte hausse du chômage et le problème majeur que nous avons est la compétitivité de nos entreprises. Elles perdent des marchés tous les jours et le coût du travail est trop élevé. Le président sortant avait mis en place la TVA sociale afin d’alléger les charges patronales, les heures supplémentaires défiscalisées et l’assouplissement des 35 heures … Et dès le 6 mai « branle-bas de combat », on fait machine arrière. A la place on nous met 30 milliards d’impôts nouveaux et on voit bien que les plans sociaux ne s’arrêtent pas pour autant. Il y a bien une responsabilité du gouvernement dans la situation actuelle.

FB : L’attaque est grave mais pas très sérieuse. Imputer à François Hollande cette responsabilité après un peu plus de 100 jours d’exercice, me paraît un peu compliqué. L’important est aujourd’hui de mettre en place les conditions d’une reprise économique. Mais il est vrai que dans ce pays il y a un certain nombre de grosses entreprises qui font des bénéfices importants, et il me paraît normal que dans une période difficile on fasse appel à elles pour participer à la solidarité nationale et à la relance de l’économie. Il n’a jamais été question de ponctionner les TPE et PME.

Croyez-vous aux contrats de génération et aux contrats d’avenir ?

XS : Cela va aider les entreprises, mais ne créera pas d’emplois. Créer des emplois s’il n’y a pas de besoins n’a jamais marché. Il vaut mieux soutenir les entreprises en baissant les charges afin de les aider à créer des emplois pérennes.

FB : Il est un peu tôt pour prédire l’échec d’un dispositif qui n’a pas été mis en place et qui n’a pas encore été négocié avec les partenaires sociaux. Mais rappelons-nous du dispositif des « emplois jeunes » qui avait porté ses fruits …

François Briançon (PS) : « Il ne faut pas nier que la situation est gravissime »

Avec François Hollande, que va-t-il se passer demain ?

FB : François Hollande a annoncé qu’il souhaitait relancer le pays en deux ans. Je pense donc que comme tout Président, et comme tout élu, il a le droit d’appliquer son programme et d’être jugé au bout d’une échéance qu’il a lui-même fixé. Cela n’interdit pas les commentaires et les sondages.

XS : Il fait une politique opposée voire mensongère en rapport à ce qu’il avait promis. Il est donc normal qu’il se mette l’opinion publique à dos. De plus, je pense qu’il a un gouvernement trop hétérogène pour pouvoir trouver des solutions en temps de crise. Il ne pourra pas longtemps continuer à faire le grand écart. Je ne suis pas certain que Jean-Marc Ayrault dure aussi longtemps que François Fillon. :

 

 



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