Blablacharte(s)

©Franck Alix/JT
©Franck Alix/JT

Les élus de la majorité toulousaine ont voté vendredi dernier, en conseil municipal, une charte de déontologie, qui pose des grands principes de conduite : honneur, impartialité, diligence, dignité, probité, intégrité, et exemplarité. Rien que ça. Un code chevaleresque en somme ! Bien sûr, comme toute charte qui se respecte, aucune sanction n’est prévue en cas de manquement à l’un des principes. Comme toute charte qui se respecte, ce texte se résume à des déclarations de bonnes intentions. Evidemment, les bonnes intentions, c’est déjà un bon début en politique. Tant que ce n’est pas une fin en soi. Mais ne jugeons pas trop rapidement nos chevaliers municipaux. Cette charte était déjà au cœur de l’actu, avant même son adoption, grâce aux deux élus Jean-Michel Lattes et Jean-Jacques Bolzan, qui ont accepté des cadeaux de la part de grandes entreprises. Je ne vais pas ici les clouer au pilori. D’une part, parce qu’ils y sont déjà. D’autre part, parce que ces ‘‘affaires’’ ont fait beaucoup de bruit pour pas grand-chose.

« Ironie du sort ou ironie d’une équipe de snipers »

J’espère tout de même que ces cadeaux (de relativement faible valeur) ne suffisent pas à influencer la politique municipale. C’est pas joli joli, certes. Cela suscite immanquablement la suspicion sur un monde politique, qui n’a pas besoin de ça. Et surtout, le timing politique joue particulièrement contre la majorité, qui a du se justifier sur ces deux faits, au moment même où elle présente sa charte déontologique. Ironie du sort ou ironie d’une équipe de snipers démasqués qui sévit sur le web… Bref, on ne les y reprendra plus, promis. Ils l’ont juré la main sur la Charte. Dont acte.

Mais revenons sur ce concept même de la charte, qui peut se définir ainsi : moyen facile de se débarrasser d’un problème épineux, en politique. Comment aborder la laïcité à l’école, alors que personne ne s’accorde sur le sens à donner à ce mot ? Une charte. Comment essayer de lutter contre l’idée de plus en plus répandue du ‘‘tous pourris’’ ? Une charte. Il faut rappeler que nos ministres sont pionniers en matière de charte déontologique. Il faut rappeler que Jérôme Cahuzac et Thomas Thévenoud l’ont signée… Comme aurait dit Charles Pasqua (modèle d’honnêteté en politique), « Les promesses n’engagent que ceux qui y croient ». Le problème est que plus grand monde n’y croit.

 

 



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