Marine Le Pen profite de la crise/ « Je dénonce les messieurs « Oups » »

Fidèle à elle-même, la présidente du Front National était en visite dimanche dernier à Balma, pour aller à la rencontre de ses militants hauts-garonnais et tarnais. En verve, prête à entrer sur un ring de boxe avant de répondre aux questions des journalistes locaux, elle s’en est notamment pris au quatuor Hollande-Ayrault-Moscovici-Valls, qu’elle a surnommé les « messieurs Oups. » Ceux qui suite à l’affaire Cahuzac ont tous déclaré selon elle : « Oups, on ne savait pas ! » Or, pour Marine Le Pen « Oups, ça suffit pas ! » L’ironie reste donc la carte maîtresse de celle dont l’ascension colle assez logiquement avec la courbe du chômage : « En ces temps troublés, il y a une défiance envers la politique économique menée par les socialistes, qui n’est d’ailleurs en rien différente de celle qui avait été menée par Sarkozy » tempête le leader de l’extrême-droite française. Sa cible récurrente reste l’Europe, responsable selon elle de nombre de nos maux actuels, et elle ne s’est pas privée d’utiliser un exemple toulousain pour illustrer son propos : « Je constate avec tristesse qu’un marché public dans le cadre des travaux du tramway a été attribué à une entreprise espagnole. Il est quand même incroyable de dire ainsi aux Toulousains que l’argent de leurs impôts va à d’autres, alors que nos artisans sont en faillite. » Autre sujet phare pour le Front National : la sécurité, avec pour fait d’actualité la problématique posée par les Roms : « Voici un réseau criminel admis par le ministre de l’Intérieur. Cela fait monter l’insécurité dans nos villes de manière spectaculaire. » Dans le viseur de celle qui communique désormais de moins en moins avec le Front, mais plutôt avec la « Vague Bleu Marine », les futures échéances électorales, municipales et européennes : « Ces élections pourraient créer la surprise. » La stratégie est d’ailleurs clairement avancée. Marine Le Pen compte prioriser ses visées municipales sur les campagnes et les petits villages : « C’est là que se situe le cœur de la France. Cela sera la première marche de notre accession au pouvoir. » Si elle a par ailleurs confirmé que son parti sera bien présent aux municipales toulousaines, elle a également cité des villes telles Muret, Fonsorbes ou Colomiers comme citadelles à investir en Haute-Garonne. Ambitieuse, ne craignant pas les attaques sur le compte suisse de son père (« Il a eu 17 contrôles fiscaux, que peut-on encore lui trouver de nouveau ? Sinon, il faudra attendre son autopsie… »), Marine Le Pen a sans doute réussi son pari d’un jour : Mobiliser ses troupes locales.

Thomas Simonian

 

 

 



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