François Hollande : Le debrief de l’intervention

Prisonniers d’une crise dont ils ne perçoivent plus vraiment les clés, les Toulousains, à l’instar de près de huit millions de Français, ont donc regardé avec attention jeudi dernier, l’intervention télévisée du chef de l’Etat. Le soir-même, les analyses étaient plus que mauvaises : « Des paroles et pas d’actes » a scandé Guillaume Roquette, le directeur du Figaro Magazine, « Il a répété le cap sans annoncer de mesures nouvelles » a ajouté Laurent Neumann, le rédacteur en chef de Marianne. Autant dire, et ce malgré une prise de position plutôt courageuse sur les retraites, que cet entretien mené par David Pujadas ne semble pas en mesure d’inverser la cote de popularité du chef de l’Etat. Pourtant, pour Christophe Borgel, député socialiste haut-garonnais et secrétaire national du PS, « Nous avons vu un président de la République qui n’a pas masqué au pays la réalité de la situation, les difficultés d’une crise qui dure. » Le message semble clair. Malgré la réalité de l’opinion, François Hollande trace son chemin, et se lance donc dans un exercice pédagogique vis-à-vis des Français. Il faut expliquer les réformes en cours, et ne pas nier la crise. En face, Amir Mekhaeil, chef d’entreprise toulousain et secrétaire national du Nouveau Centre (UDI) ne semble pas rassuré à l’issue de cette intervention attendue : « Je trouve dommage que François Hollande n’ait pas encore pris la mesure de la gravité de la situation. Il n’a vraiment rien compris, et envoie un signal très mauvais aux entreprises. Il pointe son doigt vers les patrons et ceux qui gagnent bien leur vie… »

Une allusion à peine déguisée à la mesure annoncée qui vise à taxer à hauteur de 75% les revenus d’activité supérieurs à un million d’euros ; cela concernerait les entreprises comme les particuliers. « C’est démagogique, et c’est pour faire plaisir à ses copains de gauche » renchérit le centriste. Rien d’étonnant en revanche pour Christophe Borgel, « Il a eu des mots forts pour la justice sociale. » Il y a comme un sentiment de ne pas engager les réformes dans le bon sens pour Amir Mekhaeil, « il veut augmenter le pouvoir d’achat des Français, mais il tape sur la fiscalisation des heures supplémentaires qui touche pourtant aujourd’hui des millions de personnes. C’est une politique incohérente. » Le doute est donc là, la crise de confiance palpable, mais pas uniquement vis-à-vis de François Hollande, vis-à-vis de la classe politique en général. Les derniers résultats de la partielle (législatives) de l’Oise sont là pour le démontrer. Le combat contre la situation actuelle continue pour Christophe Borgel, « J’ai vu un président de la République déterminé dans la bataille pour la croissance et l’emploi ». Tout est à faire pour Amir Mekhaeil, « c’est un président qui n’inspire pas confiance. » L’avenir nous dira qui est à la hauteur des enjeux.

Thomas Simonian



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