Antoine Maurice «La tendance hégémonique du PS a vite repris le dessus»

Gérard Onesta n’ayant visiblement pas eu envie du combat municipal à venir, c’est Antoine Maurice qui a été désigné le 28 septembre dernier, en tandem avec Michèle Bleuse, pour mener la future liste EELV dans la course au Capitole. Ce jeune loup « Vert » dont le JT avait prévenu dans son édition du 19 septembre qu’il était le « chouchou des militants », a devancé son collègue à la mairie et à la communauté urbaine, Régis Godec. Cette campagne va donc être l’occasion de découvrir le visage d’un politique plus stratège qu’on ne le pense… Antoine Maurice ou l’invité à ne pas sous-estimer.

Votre désignation par les militants EELV comme tête de liste aux élections municipales est-elle une satisfaction personnelle ?

Il y a bien entendu de la joie car candidater pour une telle échéance n’était pas un devoir, mais j’en avais fortement envie. Je sais maintenant la responsabilité qui pèse sur Michèle Bleuse et sur moi-même, dans une campagne qui sera forcément tendue et difficile. C’est un vrai défi personnel mais j’ai pris conscience de ma capacité à rassembler. Je ne me présentais pas juste pour exister.

Le binôme que vous formiez jusqu’à présent avec Régis Godec (ce dernier est président du groupe écologiste à la mairie, A. Maurice à Toulouse Métropole, ndlr) est-il en danger à l’issue de votre scrutin interne ?

Bien au contraire puisque Régis sera notre directeur de campagne. Nous avons donc vocation à poursuivre notre action en commun.

Ce désir d’autonomie vis-à-vis du PS est-il une manière de défier Pierre Cohen ?

J’ai toujours du mal avec le côté binaire des choses… Ce n’est pas parce qu’on décide de se présenter, que c’est forcément contre quelqu’un en particulier. C’est avant tout pour porter un projet pour notre ville, et pour redonner du sens à l’action politique. Notre candidature n’est donc pas contre Pierre Cohen, mais pour un vrai projet innovant et écologiste à Toulouse.

Mais ne prenez-vous pas le risque d’affaiblir la gauche au premier tour ? Cette gauche à laquelle vous appartenez, et qui gère le Capitole aujourd’hui ?

Attention, nous avons eu plusieurs dossiers sur lesquels nous avons fait entendre une voix différente tout au long de la mandature. Par ailleurs, une campagne municipale ne doit pas être uniquement la défense d’un bilan, il faut maintenant se demander dans quelle direction doit aller Toulouse… Nous sommes là pour préparer l’avenir, et avons beaucoup de choses à dire.  Les écologistes veulent par exemple donner plus de sens au développement économique de l’agglomération, aider à la création de davantage de crèches parentales, dynamiser la politique en matière de transports en commun  et favoriser la transition énergétique.

Le bilan des années Cohen ?

Ce n’est pas le seul bilan de Pierre Cohen, mais bien celui d’une majorité plurielle à laquelle nous appartenons. Et nous l’assumons d’ailleurs ! Mais nous pouvons regretter qu’au fur et à mesure de ce mandat, la tendance hégémonique du PS ait vite repris le dessus. Pierre Cohen et son entourage ont eu du mal à faire vivre cette coopération entre nous… C’est pourtant ce qui avait fait notre force en 2008. Si j’apprécie souvent le côté franc et vrai de Pierre Cohen, il reste dur sur la forme, et ce n’est pas ma façon de faire de la politique. Le débat est parfois trop brutal entre nous.

Sur le Parti de Gauche de Mélenchon : « Ils se trompent d’élection ! »

L’un des dossiers qui opposent écologistes et socialistes reste celui du nouveau parc des expositions prévu à Aussonne. Pourquoi continuez-vous ce combat ?

Ce parc des expositions illustre parfaitement cet ancien modèle de marketing territorial que nous ne partageons pas du tout. Il est triste de constater que ce projet est l’un des rares investissements de l’agglomération sur ce mandat, alors qu’il n’avait même pas été envisagé durant la dernière campagne municipale… Ce parc des expos n’est absolument pas une priorité. Nous condamnons cette initiative.

Dans plusieurs villes, on note des accords entre EELV et le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon en vue des municipales. Qu’en est-il à Toulouse ?

Les discussions entre nous sont terminées. Nous faisons le constat avec regret que la posture du Parti de Gauche est plutôt dans l’objectif de préparer les élections européennes. Leur action est trop déconnectée du local. Ils se trompent d’élection ! De notre côté, nous préférons mener une campagne pour Toulouse.

Vos militants continuent-ils à soutenir la présence des deux ministres écologistes (Cécile Duflot et Pascal Canfin, ndlr) au gouvernement ?

Ils sont, il est vrai, partagés. Ils voudraient sans doute que notre vision influe davantage sur les politiques menées aujourd’hui, même s’ils sont convaincus du travail réalisé par nos deux ministres. Il faut sans doute donner un cadre à notre participation gouvernementale, et ce sera d’ailleurs tout l’enjeu du prochain congrès de notre parti (qui aura lieu le 30 novembre prochain, ndlr).

Ces derniers jours, Cécile Duflot puis son compagnon Xavier Cantat ont fortement critiqué Manuel Valls…

A juste titre. Cela démontre bien l’utilité des écologistes au gouvernement, car il est rassurant que dans une majorité de gauche, certaines voix se fassent entendre quand des paroles dépassent le cadre du pacte républicain. La ligne Valls n’est pas du tout la mienne, mais je crois surtout qu’elle n’est pas celle d’une bonne partie de la gauche.

Propos recueillis par Thomas Simonian



2 COMMENTAIRES SUR Antoine Maurice «La tendance hégémonique du PS a vite repris le dessus»

  1. clairelle dit :

    les problèmes d’égo chez eelv, ça va du national au local, c’est la seule ligne de cohérence qu’on peut y trouver.
    Liste seule de eelv à toulouse avec 80 militants (ceux qui ont voté pour la désignation de A. Maurice). Sera obligé (ou même pas en capacité) de négocier pour le second tour avec le trrop dur M. Cohen. Bouhhh, pauvres verts qui ne représentent plus qu’eux pendant que la planète continue de prendre feu ! Même le cycliste de la mairie quitte le navire…

  2. Theron dit :

    Quel cycliste à la mairie ? Philippe Goirand ? Ce type a passé son temps à mépriser les associations d’usagers pour favoriser une association de lobbying “vélo-bobo-facho”. Les ateliers vélo sont la colonne vertébrale du du développement du vélo, il les a fait expulsé et a refusé de les écouter en permanence ; sur la récup des vélos le bilan est encore plus catastrophique qu’à son arrivée, et pour la concertation… Nous avons essayé, avec les vélorutionnaires, d’en parler avec d’autres “écologistes”, fin de non-recevoir… Ils ne veulent pas discuter et agir correctement, très bien, on le dénonce et on fera ce qu’il faut pour en parler directement aux personnes concernées : les toulousainEs

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