André Bercoff fait son marché parmi les candidats

C’est dans une brasserie populaire du quartier du Busca, que le cercle de réflexion «PRG-Toulouse Métropole», s’est réuni le 3 avril dernier, autour des adjoints toulousains Alexandre Marciel (Président) et Cécile Ramos (secrétaire générale), afin de se poser les bonnes questions avant le premier tour des Présidentielles.

L’invité de marque de ce débat était l’essayiste, journaliste et homme de médias André Bercoff qui vient de publier «Qui choisir ? (Comment bien acheter votre prochain président)». Un ouvrage volontairement un «brin» provocateur, qui a le mérite de poser tous les enjeux de cette élection présidentielle, en positionnant les candidats comme des produits, et l’électeur comme un consommateur. André Bercoff a profité de ce rendez-vous pour bien mettre en perspective les attentes des Français, qui d’ailleurs selon lui ne sont pas toujours bien perçues par le politique : «Jusqu’en 1981 et François Mitterrand, on pensait que le politique pouvait ré-enchanter nos vies. Aujourd’hui le devoir de lucidité a opéré, et les électeurs que nous sommes, ont compris que personne ne sortira de solutions miracles. C’est désormais le rapport à la vérité qui est important» souligne celui qui présentera son dernier ouvrage samedi soir dans le «talk-show» de Laurent Ruquier sur France 2.

«Nous sommes encore en monarchie»

Le politologue du «Journal Toulousain» Stéphane Baumont est intervenu dans le débat pour analyser le déroulé de cette campagne si particulière : «Avec maintenant les chaînes d’information continue et la multiplicité des sondages, nous avons un Président par jour. Nous sommes de toute façon dans une culture du zapping, nous existons en zappant…» Il a ensuite mis «les pieds dans le plat» en remettant en cause le fonctionnement même de notre démocratie électorale : «A-t-on besoin de passer par une élection au suffrage universel direct ? Il est sans doute le moment de s’interroger.» Cette réflexion a permis à André Bercoff de rebondir sur la primaire citoyenne organisée par les socialistes : «Je ne comprends pas le système des primaires. Les socialistes ont sans doute oublié qu’avec la cinquième république, les primaires c’est le premier tour. Je ne suis même pas certain que cela soit une bonne chose pour leur candidat qui aurait mérité d’être plus frais dans la dernière ligne droite…» Pour le polémiste, il est temps que l’électeur se prenne en main en utilisant notamment les réseaux sociaux : «Nous sommes encore en monarchie. Il faut casser ça !» Son idée : que le citoyen que nous sommes soit à l’origine d’un vaste mouvement d’opinion poussant le politique à organiser des états généraux sur la situation réelle du pays. L’appel a donc été lancé depuis Toulouse. Affaire à suivre. Une nouvelle fois le «Cercle PRG Toulouse Métropole» a démontré que la politique se nourrit toujours mieux de la confrontation d’idées.

Thomas Simonian



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.