Alliance centriste se positionne dans le «jeu» toulousain

Jean Marie Belin

Jean-Marie Belin

«L’héritage n’a jamais géré l’avenir»

Journaliste que beaucoup ont connu sur les antennes du service public, Jean-Marie Belin est le président départemental d’Alliance centriste, le mouvement du sénateur Jean Arthuis. Franc, ce démocrate chrétien n’hésite pas à demander à ses amis centristes d’oublier Baudis et Douste-Blazy… De laisser ces icônes de côté, pour mieux envisager l’avenir. Il se veut également objectif sur la gestion Cohen. Entretien avec une «vraie» personnalité.

Nous sortons de la campagne présidentielle qui a mené François Hollande à l’Elysée. Comment analysez-vous cette victoire ?

C’est principalement un vote de rejet vis-à-vis de la personnalité de Nicolas Sarkozy, mais aussi une nécessité saine et positive de changement. Je crois que les Français avaient envie de voir et d’entendre autre chose… Je n’interprète donc pas ce vote de manière négative. D’autant plus qu’il est serré, et qu’il ne correspond pas vraiment à une profonde adhésion.

Croyez-vous en la réussite du nouveau Président ?

J’ai une confiance très limitée en François Hollande. Il faut avant tout s’intéresser aux problèmes de fond qu’ils soient économiques, sociaux ou européens. Or, les derniers discours de Hollande ne m’ont pas franchement rassuré. On ne peut pas dire «Moi en Europe… Je vais… !”. Qu’il n’oublie jamais qu’il est en fait un parmi beaucoup d’autres. C’est une nécessité qui va s’imposer à lui.

La page Sarkozy étant tournée, comment la droite et le centre vont-ils pouvoir se reconstruire ?

Il y aura nécessairement une reconstruction mais qui n’aura pas lieu avant les élections législatives. Elle se fera d’ailleurs sans François Bayrou qui a réussi un triple exploit : celui de ne plus pouvoir recomposer le centre, celui de se mettre hors-jeu et celui d’avoir été le candidat du MoDem et non du centre. Ceci étant dit, je trouve que nous sommes dans une période formidable, et nous avions besoin de cette fenêtre ouverte. Nous allons être dans l’opposition, et cela va nous faire du bien… Nous allons pouvoir dire plein de choses et critiquer les gens (Rires) ! Demain, nous retrouverons sans doute un partenariat entre un grand parti de droite et pourquoi pas un gros pôle du centre, une confédération, avec un contrat d’objectifs, une alliance sur un programme électoral et peut-être un programme de gestion locale. A partir de 2014, les socialistes commenceront par perdre des territoires, l’arithmétique fait qu’ils ne pourront qu’en perdre. Nous devons nous préparer, et faire en sorte que ce futur courant centriste se démarque de la droite dure. D’après mes informations, cette recomposition est déjà en cours, et après l’échéance législative, les choses sérieuses vont commencer.

A Toulouse, les partis centristes ont pris de l’avance sur les appareils parisiens et discutent ensemble depuis de longs mois. Où en est-on ?

Le Parti Radical, le Nouveau Centre, la Gauche Moderne, Alliance centriste et le MoDem, arrivés dans ce cercle dans les derniers temps sur notre invitation, doivent absolument reprendre leur rythme de réunions. Tout le monde doit pouvoir dire que nos valeurs sont semblables et que peu importe si certains ont voté Hollande ou Sarkozy. Nous devons passer à autre chose !

Le Capitole : «Je ne pense pas qu’il sera prenable en 2014»

Confirmez-vous la volonté des partis centristes hauts-garonnais de se mettre d’accord sur un candidat par circonscription dans le cadre des prochaines élections législatives ?

Je vous le confirme, et nous sommes aujourd’hui arrivés à des accords de principe sur la quasi totalité des circonscriptions.

On parle d’ailleurs de votre nom sur la quatrième circonscription ?

Cela n’est pas encore décidé, mais ce qui est certain, c’est que cette circonscription devrait revenir à Alliance centriste. Tout comme la septième circonscription d’ailleurs. Donc à moi ou à une autre personnalité de notre mouvement…

Y a-t-il encore de la place en Haute-Garonne pour la droite et le centre ?

Oui si l’UMP stoppe ses guerres intestines, et si le groupe fédéré des différents partis centristes n’«éclate» pas. Et puis arrivons à tourner les pages Baudis et Douste-Blazy ! L’héritage n’a jamais géré l’avenir.

Le Capitole est-il «prenable» ?

J’allais vous demander un joker… Je ne pense pas qu’il sera «prenable» en 2014. Cette mairie n’est pas si mal gérée que ça. Je peux avoir des désaccords politiques avec Pierre Cohen, mais pas forcément sur la gestion. Je suis content et fier d’être Toulousain.

Propos recueillis par Thomas Simonian



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