[Edito] Où est la gauche ?

 

©Franck Alix/JT

He oh ! Qu’est-ce qui se passe à gauche ? À part une campagne d’auto promo orchestrée par le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll, à un an des élections présidentielles. L’opération « Hé ho regardez-nous, on a fait des choses bien ! » a été lancée lundi en grande pompe avec les représentants du ‘‘rassemblement’’ Jean-Michel Baylet (PRG) et Emmanuel Cosses (écolo). Et hasard du calendrier, le lendemain les chiffres du chômage en net recul sur le mois de mars sont sortis. Existe-t-il le hasard en politique, c’est une autre question. Mais la méthode Coué doit certainement marcher. À force de répéter que les choses vont mieux, elles finissent fatalement par aller mieux, non ? Si je résume : nous avons donc aujourd’hui le rassemblement de la gauche et l’inversion de la courbe du chômage ! Que demande le peuple ? Qu’on arrête de se foutre de lui ? Ça, c’est au programme de 2017, si vous votez François Hollande. Comprenez bien qu’on ne peut pas tout faire en un seul mandat.

 « L’exercice d’équilibriste socialiste peut donner le tournis »

Plus sérieusement, à qui s’adresse cette campagne de com ? A priori, à l’ensemble de la gauche pour essayer de renouer avec un certain électorat naturel, qui s’est perdu en cours de route. Dans un même temps, Macron tente de draguer la droite de la gauche ou la gauche de la droite avec En Marche. Habile ? Je ne suis pas sûre que ces stratégies redonnent du sens à l’action gouvernementale. Marcher, c’est bien. Avec une boussole –qui indique la gauche si possible-, c’est mieux (ou un GPS, pour la version moderne).

Et que dire de la primaire à gauche dans tout ça ? Là encore, l’exercice d’équilibriste socialiste peut donner le tournis. « On va tout faire pour qu’elle ait lieu », assure le député Haut-Garonnais et numéro 3 du PS sur le site de France 3 Midi-Pyrénées. Comprenez : on va tout faire pour imposer nos conditions, que personne ne pourra accepter et qui feront capoter cette idée de primaire. Opposer en concurrents directs le président sortant, aux leaders des petits partis de gauche ne peut que mettre François Hollande sur un piédestal. On n’apprend pas aux vieux singes… D’ailleurs, la phrase qui suit annonce déjà la fin du scénario : « Les Verts ont quasiment fermé la porte et le PC ne veut pas entendre parler d’une primaire avec François Hollande. » Quel dommage.

 

 



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