Le PS n’a jamais été aussi fort en Haute-Garonne. Un paradoxe, non ?

 

Pierre Izard
Pierre Izard laisse le département … aux socialistes

Analyse du scrutin départemental. Des gagnants et des perdants de partout … Le PS 31 sort plus fort que jamais à un moment ou Hollande et Valls n’ont jamais été autant aussi faibles. Le paradoxe haut-garonnais est étonnant.

Le PS 31 renaît de ses cendres

Il y a quelques mois il était en lambeaux à la sortie de la triplette : municipales, européennes et sénatoriales. Depuis, sous l’impulsion de son nouveau premier fédéral Sébastien Vincini, il s’est remis au travail dans la sérénité en sachant éviter les querelles de clochers. Aujourd’hui ce PS haut-garonnais est plus fort que jamais, prêt à relever les défis des successions de Pierre Izard et Martin Malvy … Pas une mince affaire pour l’une des plus puissantes fédérations au pays des « éléphants. » A la sortie de ce scrutin départemental (24 cantons sur 27) il y a plusieurs enseignements à tirer pour les socialistes : 1/ La stratégie d’un discours centré sur les compétences de la collectivité en jeu a été ainsi validé. Initiée par Sébastien Vincini, elle pourrait bien inspirer Carole Delga pour la campagne régionale 2/ Le département va rester ainsi une citadelle indispensable au maillage socialiste local. Nombre d’élus sur diverses communes sont en effet salariés de l’institution départementale … Une défaite aurait occasionné un véritable plan social au PS. Avec une telle victoire, le parti va au contraire pouvoir ainsi renforcer le système mis en place. Indispensable pour des lendemains qui chantent 3/ L’opposition municipale et métropolitaine de Jean-Luc Moudenc sort renforcée. Une telle victoire devrait la remettre en selle, elle qui était plus ou moins éteinte depuis l’arrivée de la droite au Capitole. Catherine Lemorton, Christophe Borgel, Claude Raynal ou Nadia Pellefigue vont désormais surveiller de très près l’action municipale …

“L’opposition municipale et métropolitaine de Jean-Luc Moudenc sort renforcée”

La stratégie Moudenc mise à mal

Le maire de Toulouse avait fait de la municipalisation de ce scrutin départemental un enjeu. Sur tous les cantons toulousains des maires de quartiers ou adjoints au maire étaient candidats, sans compter que celui qui est également président de la métropole s’était rendu sur la plupart des marchés hors-Toulouse durant la campagne (Blagnac, Escalquens, Villemur, Saint-Jory …) Le constat est donc amer, car malgré cet engagement de tous les instants, la machine s’est enrayée … Seuls trois élus du Capitole (J.Winnepenninckx, J.B de Scoraille et M.Lalane de Laubadère) seront membres de la future assemblée départementale. Bien peu. Trop peu même. Une remise en question s’impose donc au Capitole : « Il y a eu une grave erreur de communication politique », analysait hier soir le politologue du JT, Stéphane Baumont. Les Toulousains ont sans doute profité de ce scrutin pour donner un carton jaune à l’exécutif municipal. De l’action, des projets structurants, et vite ! Le risque pour la droite toulousaine est aujourd’hui majeur, surtout si l’écueil se confirmait avec le scrutin régional de décembre prochain. Par ailleurs, les logiques du « ni, ni » et d’annonces de mesures sécuritaires (vidéo-protection à Arnaud-Bernard) entre les deux tours, n’ont pas trouvé écho auprès de la sociologie politique toulousaine. Le maire de Toulouse va donc désormais agir en étant conscient qu’il n’y a pas de personnification du pouvoir municipal dans la ville rose. Mais attention, l’homme l’a déjà prouvé, il sait se remettre en question et rebondir.

Un grand perdant sur le papier

Sur le papier le grand perdant est le FN. Il n’a pas réussi « à franchir les portes du département » comme scandé par son patron départemental, Julien Léonardelli, durant la campagne. Mais il ne faut pas non plus « se voiler la face » … Le parti frontiste progresse fortement en rural comme en urbain. A surveiller pour les prochains scrutins.

Et la grande gagnante est … Carole Delga

Les résultats de la Haute-Garonne, mais aussi des autres départements, sont un bon signal pour Carole Delga à la veille du combat régional. Celle qui devrait quitter le gouvernement en juin est désormais favorite pour succéder à Martin Malvy. Son influence sur le canton de Cazères a été déterminante pour faire tomber la sortante, Jennifer Courtois-Périssé.



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