3 questions à Philippe Lasterle

Centriste, membre du club «Forums», participe au débat sur les soins palliatifs et l’euthanasie.

 

Considérez-vous opportun de rouvrir aujourd’hui le débat sur la fin de vie ? 

Deux points méritent d’être retenus dans l’intervention du 17 juillet dernier du Président de la République. Ila, tout d’abord, rappelé combien la loi Leonetti du 22 avril 2005 avait marqué une avancée importante. Il a ensuite, et surtout posé la question essentielle de savoir si l’on peut – pour reprendre les termes qu’il a employés – «aller plus loin dans les cas exceptionnels où l’abstention thérapeutique ne suffit pas à soulager les patients aux prises avec une douleur irréversible et qui appelle un acte médical assumé au terme d’une décision partagée et réfléchie».

La loi Leonetti n’est-elle pas suffisante ?

Les familles confrontées à des situations terriblement douloureuses et souvent impuissantes, de même que les équipes médicales le savent bien : la loi Leonetti, ne répond pas à toutes les situations de souffrances des personnes en fin de vie. D’abord, parce que, même si la situation s’est améliorée, les unités de soins palliatifs sont en nombre insuffisant dans notre pays. Ensuite, parce qu’en dépit de son interdiction depuis 2005, l’acharnement thérapeutique, que l’on appelle aujourd’hui «obstination déraisonnable», n’a pas disparu.

 

Qu’attendez-vous du débat ?

D’abord que la mission confiée par François Hollande au professeur Sicard permette d’éclairer ce débat éthique grâce à l’avis des experts, mais aussi de celles et ceux qui sans être experts ou médecins, n’en ont pas moins une expérience, un vécu à partager. Je suis optimiste sur l’issue du débat. Je fais le pari de l’intelligence collective. Mais pour qu’elle s’exprime, il est important que la société s’empare de la question. J’invite tout le monde à participer à ce débat qui concerne chacun de nous.

 

Thomas Simonian



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