Jean-christophe Nef
Jean-christophe
Nef
Quincaille culture a aimé

Xavier Dolan, l’incroyable talent

Jean-Luc Godard, il y a quelques années, disait que pour réaliser un bon film, il fallait trois choses : « une histoire, une histoire et une histoire »… Xavier Dolan, d’après moi, prend le contrepied de cette affirmation, car pour lui, pour faire un film, il faut trois choses : « de l’émotion, de l’émotion et encore de l’émotion » ; on comprend pourquoi, dans une interview, il dit préférer « Titanic » à Godard ! Car, dans son film, on est livré à un déluge d’émotions… Dès la première scène et jusqu’à la fin, on est pris par les sentiments, les réactions, les crises des personnages… Le scénario est assez classique : une mère récupère son fils adolescent à la sortie d’une sorte de « maison de correction » et va devoir l’assumer complètement… Cet adolescent, sujet à des troubles du comportement, peut se monter très violent et agressif… Avec l’aide inopinée d’une voisine, elle va essayer de jouer, avec difficultés, son rôle de mère… Sans dévoiler la fin, cela ne sera pas aisé et l’histoire sera jalonnée de hauts et de bas… Mais peu importe cette histoire, ce qui est impressionnant dans ce film, c’est le traitement que Xavier Dolan en fait. De plan en plan, de scène en scène, il se révèle comme un véritable cinéaste, un véritable artiste…

« Un véritable artiste »

La manière de filmer est époustouflante, les cadrages, le mélange musique / images, les ruptures de rythmes composent un film moderne et attachant… Et que dire de la direction d’acteurs ? Elle est tout simplement parfaite ! Les trois personnages principaux sont d’une vérité criante… La mère est interprétée par Anne Dorval, qui est admirable dans ce rôle difficile… Elle fait bien ressentir la difficulté qu’elle éprouve lorsqu’elle doit reprendre en charge l’éducation de son fils, toujours entre courage et abandon. Suzanne Clément joue, avec subtilité, justesse et… poésie, le rôle de la voisine devenue presque autiste après le décès d’un enfant en bas âge. Quant à Steve, le « héros » du film, interprété par Antoine Pilon, il en est le pilier et le pivot. Il est présent quasiment dans toutes les scènes et porte le film sur ses (jeunes !) épaules. On est subjugué par son jeu et sa capacité à faire passer ses émotions : colère, tristesse, joie… À la fin du film, on ne ressent plus son angoisse, on « est » son angoisse.

Quelques purs moments de poésie viennent casser le récit… Juste de la musique et des scènes au ralenti qui resteront des moments d’anthologie : Steve dansant et détruisant un chariot, le trio principal dansant sur du Céline Dion…

Bref, un film parfait à voir de toute urgence !


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