DorianDreuil
Dorian
DREUIL
Conseil d'administration Action contre la faim. Délégué à la vie associative.

Voyage en eaux troubles

L’ancien Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan estimait que « le monde se définit non seulement par ce ‘pour quoi’, mais aussi par ce ‘contre quoi’ il agit ». En marge du sommet de Rio de 1992, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté le 22 décembre de la même année la résolution 47/193 déclarant le 22 mars de chaque année ‘‘Journée mondiale de l’Eau’’. Une première définition d’un monde qui agit pour le droit de tous à accéder à l’eau potable, contre l’injustice qui conduit 1.8 milliard de personnes à utiliser une source de boisson contaminée. Alors que l’objectif 6 des Objectifs de Développement Durable, adoptés en septembre 2015, stipule la nécessité́ de garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement d’ici à 2030, près de 11% de la population mondiale n’a pas accès à l’eau potable.

Au cœur de l’existence et de la dignité humaine, les conditions d’accès à l’eau et à l’assainissement ont un effet direct sur le développement humain, la santé, nutrition, richesse, environnement, culture et la paix. La sous-nutrition, au cœur des préoccupations d’Action contre la Faim, est une conséquence directe de la crise du secteur eau et assainissement dans les pays concernés. A l’occasion de la Journée mondiale de l’Eau mardi dernier, ACF a rappelé que l’eau l’assainissement et l’hygiène représente un enjeu important pour assurer la sécurité́ nutritionnelle des populations. Partout en France, les délégations départementales d’ACF se sont mobilisées pour porter un message fort : l’eau non potable est plus courante qu’on ne le pense. C’est un fait aujourd’hui peu connu, l’eau non potable tue plus que les guerres. Lutter contre la faim dans le monde, c’est aussi agir contre ses causes sous-jacentes.  Des pratiques de soins inappropriées et des maladies, notamment hydriques ont des conséquences sur la sous-nutrition. Sur le terrain Action contre la Faim préconise ainsi l’intégration d’un paquet minimum eau, assainissement et hygiène dans les programmes de traitement de la sous-nutrition.

Mais la mobilisation est l’affaire de tous, les collectivités territoriales ont également la possibilité de permettre aux ONG de faire la différence sur le terrain. La France dispose à cet égard d’une loi pour la solidarité : la loi Oudin-Santini. Votée en 2005 elle permet de faciliter l’engagement des collectivités territoriales dans la solidarité internationale. La loi Oudin habilite les collectivités territoriales, syndicats et agences de l’eau à affecter jusqu’à 1 % des recettes de leurs services d’eau potable et d’assainissement à des actions de solidarité internationale pour l’eau et l’assainissement. En 2011, 21 millions d’euros ont été collectés via la loi Oudin-Santini. À ce jour seulement 40 % de la loi Oudin est utilisé, alors qu’une application totale de ce dispositif législatif permettrait de mobiliser jusqu’à 64 millions d’euros par an, et autant de vies sauvées. Si aujourd’hui 1.8 milliard de personnes voyagent en eaux troubles les solutions existent, entre 1990 et 2012, 2,3 milliards de personnes ont gagné un accès à une source d’eau améliorée.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.