Patrick Aubin
Patrick
Aubin
Le contrepoint libéral

« Votre pharmacie est menacée »

 

Encore un bel exemple de la mauvaise foi ambiante en matière de politique, mais cette fois je dois bien reconnaître que je me range du côté du gouvernement – c’est tellement exceptionnel qu’il faut le souligner. Enfin, pas pour les mêmes raisons. Ne confondons pas hypocrisie et raison. En réalité, par ce slogan, votre pharmacien se moque du monde. Lui comme les multiples professions « réglementées » profitent d’un monopole statutaire le plus souvent issu, quand ce n’est pas du régime de Vichy, de ces nombreuses folies communistes de l’après-guerre qui ruinent la France d’aujourd’hui. « Menacée » ? Oui, c’est vrai, les privilèges des pharmaciens et autres notaires ou huissiers sont menacés de concurrence. Et alors ? La concurrence est saine et enrichit le consommateur. Pourquoi en irait-il autrement pour les produits pharmaceutiques ? Après tout, le pharmacien ne fait pas grand-chose de spécial, il n’est qu’un épicier en médicaments. Si les distributeurs s’acharnent à baisser les prix de nos Caddies, pourquoi les pharmaciens devraient-ils maintenir des prix élevés ? On l’a compris, la menace n’est en réalité que la promesse d’un retour à la normale – enfin, devrait-on ajouter. Et c’est la perspective d’une concurrence qui profitera d’abord au consommateur. Comme c’est le cas dans bien des pays : il ne semble pas qu’il existe le moindre génocide par mauvaise ordonnance.

« Ces professions n’ont rien de libérales »

Ce qui est étonnant, c’est plutôt que ce soit un gouvernement socialiste qui s’attaque aux monopoles, lui qui protège tant d’autres monopoles malsains : le rail, la sécurité sociale, la santé, la médecine, le téléphone, l’enseignement, sans oublier routes et autoroutes, ni, bien sûr, la justice et la police… et la politique. Mais il est vrai que ces fameuses professions dites « libérales » représentent un des derniers symboles de la droite, des privilégiés au vote trop inaccessible. Osons cependant l’affirmer : ces professions n’ont rien de libérales, puisqu’il est interdit de leur faire concurrence. Il n’y a jamais eu de bonne raison à leur statut réglementé. On ne peut pas se lever le matin et décider de s’installer coiffeur, pas plus que pharmacien. Et encore, il faut bien plus de compétences pour être un bon coiffeur. Alors, dès lors on comprend mieux la démarche. Ce n’est pas vraiment le souci du consommateur qui guide la réflexion du gouvernement, si tant est qu’il en ait une. Mais plutôt une arrière-pensée politicienne, une qui parie sur quelques notables de droite qui, enfin ruinés, ne seront plus autant d’obstacles aux prochaines municipales – ou quelque calcul minable semblable. Car à s’intéresser à des monopoles, c’est à l’abolition de tout monopole qu’il serait nécessaire de s’atteler.


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