Patrick Aubin
Patrick
Aubin
Le contrepoint libéral

Voter : droit ou devoir ?

Tel le monstre du Loch Ness, le vote obligatoire resurgit régulièrement pour sombrer dans les eaux troubles de la politique française. À l’obligation, une sanction financière est assortie pour celui qui ne se rend pas aux urnes. Mais quel apport si la complète population est soumise au vote ? Les élus gagneront-ils miraculeusement la vertu qu’ils n’ont pas aujourd’hui ? « Voter est un devoir » justifie tout partisan de cette mesure coercitive. Mais l’État prive les délinquants de droits dits « civiques », pas de devoirs. Première conclusion : voter n’est pas un devoir. « Voter est le pilier de la démocratie » nous explique-t-on. Mais la démocratie ne consiste pas à donner le pouvoir à quelques dirigeants issus de clans sur une majorité sortie des urnes. En faisant carrière en politique, ceux qui monopolisent le pouvoir forment une « oligarchie ». Obliger des individus à voter pour légitimer l’abus de pouvoir est du totalitarisme. Deuxième conclusion : voter ne peut être un droit.

« Demandent-ils l’avis du peuple pour s’octroyer les indemnités ? »

Au fil du temps, l’étatisme, devenu la théorie selon laquelle voler est un droit, s’exprime dans la pratique par la « démocrassie » (détournement de la démocratie par inflation législative et fiscale où le citoyen honnête est transformé en délinquant). Ainsi, les partis politiques qui veulent conquérir le pouvoir n’agissent ni plus, ni moins que comme des gangs selon des règles arbitraires qu’ils définissent entre eux. Demandent-ils l’avis du peuple pour s’octroyer les indemnités et privilèges tirés du butin fiscal ? Ils se disputent un même territoire en s’accoquinant, à partir de promesses-mensonges, des clientèles électorales afin de réunir le plus grand nombre de voix. En réalité, ils ne représentent qu’eux-mêmes, tout au plus une fraction du peuple à laquelle ils accordent quelques subsides ou avantages corporatistes au détriment des autres. Or c’est chaque citoyen par son action quotidienne qui fait la vraie démocratie. Par ses choix économiques, il vote concrètement pour tel produit ou service. Chaque jour, il construit la société humaine un peu plus en s’associant à d’autres citoyens. Et pourquoi l’homme souverain libre ne pourrait-il pas par contrat choisir son gouvernement au lieu de se voir imposer un pouvoir idéologique par le choix despotique d’une majorité ? La mise en concurrence de gouvernements sur un même territoire serait soumise au respect et au choix individuel. L’unique intérêt général, c’est la somme de l’intérêt des individualités. Un socialiste et un libéral ne partagent pas la même vision de la société, pourquoi les soumettre à un gouvernement monopoleur ? Le vote est à réserver lorsque l’objectif associatif est commun aux contractants. La conclusion qui s’impose est que voter est une liberté. Ne pas voter aussi.

 

 

 


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.