Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Alors que les chutes de neige sur la moitié de la France puis l’autre moitié dramatise par leur caractère accidentogène et dangereux le quotidien des automobilistes comme des piétons, les yeux rivés sur la cartographie des « Vigilance orange », les interviews-vérité du cycliste Armstrong, dont on ne connaît pas encore les raisons dans un agencement qui pourrait conduire à désigner d’autres coupables, l’investiture du Président Obama pour un second mandat et la réforme a minima du Conseil Supérieur de la Magistrature n’occultent pas l’engagement de la France au Mali et la prise d’otages réglée dans le sang par une armée algérienne décidée à éviter toute nouvelle déstabilisation. Pour nombre d’observateurs dont Hervé Kempf, cette intervention « la moins mauvaise des solutions », est le « point d’aboutissement d’une évolution calamiteuse dans laquelle l’Europe et la France portent une lourde responsabilité » (le délabrement des institutions des pays concernés et leur fragilité économique créant les conditions du succès des « envahisseurs » et autres « terroristes »). Et chacun d’espérer une attitude enfin engagée de l’Europe qui, pour le moment, traîne les pieds comme si elle n’était pas concernée. Quant à ses conséquences sur le plan politique intérieur, c’est à peine un frémissement (38 % de satisfaits – soit 1 point de plus) démontrant que le Chef de l’État ne tire donc qu’un très faible bénéfice de son interventionnisme africain, et de l’unanimisme belliciste (mais provisoire) qui l’accompagne et du concert médiatique autour de l’article 15 de la Constitution nous rappelant que François Hollande (« ni de Gaulle ni Flanby » pour l’historien Jacques Julliard) est le « chef des armées ». Même en ayant endossé ses habits de chef de guerre, l’insatisfaction sociale, même « l’impatience sociale » (pour Jean-Luc Parodi) ne cessent de grandir. Chacun sachant, comme Stéphane Le Foll le rappelle, que « c’est sur l’emploi que François Hollande sera jugé » et de souligner que « s’il y a une ligne Mélenchon, c’est une belle utopie que de vouloir être l’alternance à gauche. Jamais ça n’a marché et la manif contre le mariage pour tous montre combien la droite existe ». Pour Jacques Julliard (Le Monde 20-21 Janvier), « François Hollande ne pratique pas une politique économique naturelle à la gauche, à cette seule nuance que la gauche a toujours été industrialiste ».

Et de souligner, au moment où les exégètes tentent de définir le « Hollandisme », que « la tâche qu’il s’est assignée est prométhéenne : inverser le cours d’un pays qui a accepté de ne plus être au premier rang, qui consent à son propre abaissement et qui refuse de faire des sacrifices ». Et de nous inciter à penser que « la France est en train de s’aligner sur le modèle social-démocrate européen » et que « le choix de Hollande est de faire accepter une politique sur laquelle il y a un malentendu : sortir de l’endettement, relancer l’industrie, puis, seulement, redistribuer ». Reste au Président à tenter de ressouder la gauche autour du « Mariage pour tous » et de la fin du cumul des mandats (nombre de socialistes, estimant qu’il s’agit là d’un hara-kiri aux municipales de 2014, y sont hostiles), d’essayer de sortir du « Hollandisme » des sept premiers mois, redonner à sa majorité le sentiment de plus exister politiquement alors qu’on assiste à une dépossession parlementaire de l’action gouvernementale (y aura-t-il une transcription stricte de l’accord social sans l’intervention des députés et sénateurs ?), éviter donc la frustration parlementaire. Si les qualificatifs de l’histoire des idées politiques ont un sens, la question alors mérite d’être posée sur les déclinaisons de Social-Démocratie, Social-Libéralisme et Social-Défaitisme !

Stéphane Baumont


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.