Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Veut-on encore de Sarko ?

Après deux jours de vote électronique, le parti présidé par Nicolas Sarkozy a annoncé le 29 mai que 83% des adhérents se sont prononcés en faveur de la nouvelle appellation de l’UMP qui devient “Les Républicains”. Plébiscite presque réussi pour Nicolas Sarkozy puisque à peine un militant sur deux a participé à ce scrutin fondateur. Ainsi voilà ponctué d’un nouveau succès le retour et la reconquête du pouvoir par l’ancien Chef de l’Etat dont le choix pour le nouveau nom correspond à la ligne traditionnelle du parti néogaulliste : « l’exaltation de l’autorité de l’Etat s’exerçant sur une nation indivisible de préférence à celle de l’autonomie et de la diversité du corps social » pour J.L. Bourlanges considérant que cette « bonne appellation permet de concurrencer le FN sur son national-jacobinisme et pour attirer au second tour les électeurs du PS dans un duel droite / FN ». Avec ce changement de nom nous venons d’assister à l’un des innombrables liftings que le parti gaulliste aime bien conduire depuis 1958 (l’UNR en 1958, l’UDR par Pompidou en 1968, le RPR par Chirac en 1976, l’UMP par Juppé en 2002 et maintenant les déjà fameux et controversé “Républicains”). Comme le souligne J.L. Bourlanges « on change le flacon on garde le breuvage ». Néanmoins Nicolas Sarkozy a réussi son pari : il dispose désormais de cette machine de guerre pour se lancer à l’assaut de l’Élysée. Et l’ancien Chef de l’État de lancer un “Appel à tous les Républicains” en multipliant les attaques, les provocations, les mises en cause contre le PS tout en évitant de nommer Hollande dont il a pourtant dénoncé “la terrifiante médiocrité”. « Cette défiance, a lancé N. Sarkozy, doit nous interpeller », c’est pourquoi « il faut prendre garde à ce que nous promettons aujourd’hui pour être certain que nous le tiendrons demain » comme s’il voulait faire comprendre que gauche comme droite étaient concernés de la même manière.

«  Il faut prendre garde à ce que nous promettons aujourd’hui »

Et de terminer son “appel aux Républicains” par un “Unissons-nous” accompagné de cette vocation de rassembler « au-delà de la droite et au-delà de la gauche ». “Républicains”, lance-t-il de la tribune « ce n’est pas seulement le nouveau nom d’un parti, c’est le cri de ralliement de toutes celles et tous ceux qui souffrent de voir la République reculer tous les jours. » Reste à reconquérir l’opinion publique (au-delà des militants qui semblent acquis), une majorité de français (72%) ne souhaitent pas que Sarkozy se présente à la présidentielle. Le Professeur Bourlanges répond ainsi à la question que chacun déjà se pose. Il donne cette réponse utile à méditer, au-delà des petites phrases de précampagne : « le vainqueur de la prochaine présidentielle sera sans doute celui qui aura le mieux réussi à tenir ensemble les deux bouts de la chaîne de l’enracinement dans une histoire, et de l’ouverture au monde de demain. De ce point de vue-là la référence historique est celle du Général de Gaulle ». Et de conclure en affirmant que « la France attend quelqu’un qui lui donne les moyens de valoriser sur tous les plans son patrimoine et qui lui fasse comprendre que ce n’est pas en se crispant sur le statu quo qu’elle y parviendra ». Le centre et la droite peuvent-ils être simultanément réformateurs et… conservateurs ?

 


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