Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Alors que le cinquième rapport du GIEC nous annonce un réchauffement de 4,8° d’ici la fin du XXI° siècle, conduisant à une hausse du niveau des océans proche d’un mètre, ce scénario noir ultra-médiatisé entraîne moult déclarations d’intention volontaristes illustrant la volonté des gouvernants de l’empêcher. C’est aujourd’hui aux Chefs d’État à monter concrètement au créneau en tentant de développer une « économie positive » sobre en carbone notamment. A la France, organisatrice en 2015 du sommet sur le climat, de faire en sorte qu’un accord – effectif – soit signé entre vieux pays industrialisés, responsables historiques du réchauffement et les grands pollueurs que sont les pays émergents. Saura-t-on passer de l’irresponsabilité aux actes ou faudra-t-il attendre 2100 pour qu’une nouvelle géographie physique raie de la carte les zones inondées et fasse regretter que la géopolitique du début du XXI° siècle se soit d’abord intéressée à la crise économique en reléguant l’urgence climatique au second plan ? Ce rapport du GIEC est-il le point de départ d’une nouvelle mobilisation ?

Autre point fort de l’actualité, alors que nous sommes à six mois des élections municipales, que la cote du Président Hollande continue à baisser ou à stagner au niveau le plus bas, que la rentrée politique n’a pas généré une dynamique pour le Président ou sa majorité, que les couacs gouvernementaux (sur notamment l’affaire des Roms) perdurent, « un sentiment de panique semble avoir saisi la majorité » selon nombre d’observateurs. Se profile, en effet, le spectre d’un vote sanction contre François Hollande et son gouvernement à l’occasion du prochain scrutin municipal. Les chiffres du sondage du JDD parlent d’eux-mêmes : 10 % des électeurs veulent soutenir le Président et son gouvernement, 61 % se prononceraient en fonction de considérations locales et 26 % émettraient un vote-sanction. Crise oblige, les sondés placent la fiscalité et l’emploi au cœur de leurs motivations (« le pacte fiscal est indéniablement fragilisé » selon l’historien Nicolas Delalande qui voit des « similitudes avec les années 30 ») et vont « politiser leur mécontentement surtout dans les grandes villes ». Au détriment de qui ? Vraie question à réponses multiples : le PS ne stoppe pas l’ascension frontiste mais pourrait tirer « les marrons du feu » en cas de triangulaires au deuxième tour ; l’UMP fragilisée par ses divisions, en quête d’un leader, et voulant incarner une vraie alternative, pourrait faire les frais d’une montée de l’extrême droite. Voilà venue la valse à trois temps : Temps 1 : le FN se maintient dans une dizaine de triangulaires au grand dam des candidats UMP ; Temps 2 : les Européennes de Juin, scrutin propice au défoulement pourrait voir le FN en tête (les antieuropéens d’autant plus en tête que les pro-européens s’abstiendraient) ; Temps 3 : les Régionales de 2015 les plus dangereuses pour le PS dont l’hégémonie pourrait se fissurer. Trois temps qui montrent qu’au cœur ardent des combats, le FN pourrait être le plus « engagé » des arbitres !

 

Stéphane Baumont


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