Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Et si l’été comme les vacances constituaient l’occasion presque unique de se lancer, à l’ombre d’une canicule paralysante rendant même aboulique, loin de la foudre cinglante et meurtrière, dans la métaphysique de l’événementiel, histoire de prendre du recul et de constater que tout, décidément était occasion de philosopher ! Faut-il ainsi s’étonner des mauvais chiffres de juillet concernant le tourisme ? (taux de fréquentation en baisse de 10 % par rapport à 2012, le camping n’échappant pas à la crise) Faut-il y voir la bouderie des Européens vis-à-vis de la France ? Faut-il plutôt constater la conjonction du mauvais temps, de la crise économique, d’une absence de répression des politiques publiques conduites ? A moins que, à l’instar des États-Unis où il n’y a pas de congés payés, on trouve son tourisme personnel autre part que dans l’exotisme inventé par les agences de voyage !

Il y a d’autre part l’émotion due au fait divers ferroviaire : après Bretigny-sur-Orge, les 80 morts de St Jacques de Compostelle d’autant plus insupportables qu’ils sont la conséquence d’un cheminot poussant, par jouissance de la vitesse, sa machine à 190 Km/h dans un des hauts-lieux spirituels de l’Europe chrétienne qu’on atteint, en pèlerin, depuis Le Puy en Velay, avec la lenteur réflexive d’un moine dans le déambulatoire d’un cloître suscitant la méditation ; paradoxe décidément insupportable, illustrant l’existence tenace de la catastrophe dans le mode de transport le plus sécurisé ; aux pouvoirs publics de médiatiser le « catastrophisme éclairé » cher au professeur Dupuy !

L’actualité est aussi faite du voyage du Pape à Rio avec la clôture des J.M.J. (initiales surmédiatisées depuis Jean-Paul II) et son credo dans un « pays-empire » en pleine évolution (révolution ?) le football ne suffisant plus à masquer la pauvreté et la révolte sociale, la flamboyance de la croissance rangée au plan des souvenirs presque mythiques et la petite phrase papale déjà commentée par les exégètes « vaticanologues » : « Entre l’indifférence égoïste et la protestation violente, l’option toujours possible est le dialogue. » Le pape François nouveau, mais autre Jean-Paul II ? Et puis dans le feuilleton politique de l’été, le renvoi en correctionnelle de DSK dans l’affaire du Carlton, le Président toujours en quête d’une bonne communication avec sa majorité mais aussi l’opinion publique et l’irruption – désormais banale – de Manuel Valls dans l’imaginaire d’une vie éventuelle à Matignon avec l’analyse hagiographique de Zaki Laidi soulignant que « sa démarche est à la confluence historique d’un Jules Ferry pour son attachement à la République, à ses institutions, et à la laïcité, à Clémenceau pour le refus de se faire intimider par qui que ce soit, enfin à Rocard pour le parler vrai des réformistes. » Et de conclure ainsi comme pour éviter des déboires intergouvernementaux au « matignonnable » : « Sa priorité est de tirer le char gouvernemental. Il creuse son sillon, sans contester Jean-Marc Ayrault. » Manuel Valls sait être « le ministre de l’événement » au contraire du Premier ministre et du Président. Cette fracture dans l’exercice du pouvoir résistera-t-elle à une rentrée sociale chaude ?

 

Stéphane Baumont


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.