Robert Redeker
Robert
Redeker

Vallaud-Belkacem, militante d’une histoire clientéliste ? 

À tort, personne n’a prêté attention au propos de Mme Vallaud-Belkacem, dans une interview accordée au site France-Soir, le 11 janvier. Voici la question (formulée dans une langue incorrecte) qui lui a été posée: « Pourquoi on arrive pas à enseigner l’histoire commune de la France et du Maghreb? ».Et voici sa réponse, stupéfiante : « C’est très important, l’Histoire. C’est toujours un sujet passionnel. On est fort heureusement arrivé à une révision de ces programmes d’Histoire qui va dans le bon sens. Ils n’occultent aucune période de l’Histoire pour faire en sorte que chaque élève puisse se reconnaître dans l’Histoire qu’on lui raconte ».

Toute une conception de l’Histoire, en rupture avec l’enseignement habituel de l’école de la République, se cache derrière ces mots. Vous croyez que l’Histoire est un savoir, qu’il tient en un ensemble de connaissances à apporter aux élèves ? Vous croyez que cet enseignement doit être le même pour tous ? Mme Valaud-Belkacem vous détrompe. Elle envisage au contraire l’enseignement comme un miroir dans lequel l’élève est appelé à se reconnaître. Un miroir n’ouvre pas l’esprit, n’élargit pas les connaissances, il enferme : il ne reflète que celui qui s’y regarde. Ce n’est pas à de l’Histoire que l’on a affaire dans ce cas, c’est à une variante complaisante de la littérature-jeunesse.

« La ministre sonne le glas de l’enseignement de l’Histoire nationale »

Ce faisant, Mme la ministre donne donc un sens inédit aux cours d’Histoire. Il ne s’agit plus d’enseigner à l’élève ce qu’il ignore, il s’agit de faire en sorte qu’il se reconnaisse dans le récit « qu’on lui raconte » ! On ne lui enseigne plus l’Histoire, on lui racontera un roman flattant ses origines ethniques et culturelles, voire religieuses. Elle dit bien « chaque élève », en réponse à une question sur la diversité des Histoires. Elle milite donc en faveur d’une archipellisation de cet enseignement, de son émiettement suivant l’origine ethnique des élèves. De ce fait, elle ouvre la voie à un enseignement ethnicisé, chaque communauté recevant les cours convenant à ce que les autorités ministérielles imaginent d’elle.

Avec pareil langage, la ministre sonne le glas de l’enseignement de l’Histoire nationale et, par conséquent, de la fraternité. Ce clientélisme pédagogique révèle l’inconscient multiculturaliste et multicommunautariste de l’enseignement de l’Histoire qui inspire les actuelles réformes de l’école. Instrument trompeur du vivre-ensemble, il est une arme efficace contre la fraternité.         

 

 


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