Nicolas Lafforgue
Nicolas
Lafforgue
Ma semaine précaire

Valider l’immoralité par la science

« Nous serons ‘‘les Républicains’’ avec toutes celles et tous ceux pour lesquels l’héritage de la civilisation chrétienne n’est pas une option. » Il est fort. A peine revenu, en un tweet,  il me rappelle pourquoi je ne le trouvais pas intéressant.  Et dangereux, mais ça je me souvenais un peu. Donc la laïcité c’est bien, ils sont tous d’accord, mais pour les autres. La laïcité, ça marche bien mais faut pas pousser. ‘‘Les Républicains’’ seront laïcs, pour les autres. Il me semble que niveau laïcité, Jaurès avait posé deux trois bonnes bases. C’est vrai que Nicolas Sarkozy ce n’est pas Jaurès, on l’avait remarqué. Niveau pensée ils ne boxent pas dans la même catégorie.  Mais n’en déplaise à la droite qui aujourd’hui soutient massivement l’ancien qui se rêve futur, la France n’est pas héritière de la civilisation chrétienne, la France est l’héritière de celles et ceux qui ont pensé, de celles ceux qui ont donné leur vie. Et ils n’étaient pas chrétiens, ils étaient français, pour certains d’entre eux. Au mieux. Ni plus ni moins. Parler aujourd’hui de l’héritage de la civilisation chrétienne, c’est lancer un appel aux électeurs du Front national. Leur dire, ne vous inquiétez pas, nous vous avons compris, nous ferons la politique vulgaire que vous demandez. Nous abandonnons notre histoire politique et les valeurs de la droite libérale pour se vautrer dans le facile, dans le renoncement. Jaurès parlait d’une laïcité inclusive, respectant les religions ET les religieux en leur offrant la liberté d’être ce qu’ils ont choisi d’être sans jamais leur permettre de dicter leurs règles à celles et ceux qui comme moi ont décidé de ne pas croire et de vivre sans dieu. Aujourd’hui Nicolas Sarkozy explique que ‘‘sa’’ République sera chrétienne. En 140 caractères… Un tweet c’est déjà bien trop long pour ce niveau de réflexion.

« C’est vrai que Nicolas Sarkozy ce n’est pas Jaurès, on l’avait remarqué. »

Il n’allait pas me gâcher ma semaine.  Alors je suis sorti boire des coups. Comme d’habitude. Et cette semaine, je suis tombé sur des gens intéressants. Ça change. J’ai bu des bières avec des profs de maths. Ils étaient assis à côté de moi alors on a discuté. Un des profs bosse à la fac et sa spécialité c’est les maths financières. Lui, il bosse plus spécifiquement sur le juste prix des choses. Il m’explique que les choses, comme la cigarette qu’une copine était en train de fumer, ont un prix, et qu’il bosse sur des équations pour le trouver ce fameux juste prix. Il était enthousiaste. Il m’explique que par exemple avec son équation on pourrait calculer le juste prix de la dette de la Grèce. Le juste prix de la dette ? C’est marrant comme idée je trouve. En fait, il bosse pour trouver le juste prix de l’escroquerie. Le juste prix du flingue que l’on tient sur la tempe d’un peuple. Quand je lui ai demandé l’intérêt de calculer le juste prix d’une chose qui n’existe pas, il n’a pas compris. En fait, le souci c’est arriver à se comprendre quand on fonctionne dans deux systèmes de pensée radicalement opposés. Lui, essaie de valider l’immoralité capitaliste par la science, moi, j’essaie de montrer que le capitalisme ne repose sur rien. Du vent. Une vaste escroquerie qui tient nos têtes sous l’eau parce que et uniquement parce que  nous l’acceptons. Et puis on a bu des coups. Et on a parlé musique.

 

 

 


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