Brice Christen
Brice
Christen
Le cynisme aggravé

Valérie vend son chiffon sentimental

 

« Il est dans le caractère français d’exagérer, de se plaindre et de tout défigurer dès qu’on est mécontent » disait Napoléon. En cette fin d’année 2014, il semble bien complexe de contredire l’empereur, tant l’actualité reflète sa pensée, même deux cents  ans plus tard.

À Toulouse, la municipalité a mis les petits plats dans les grands pour décorer la ville avec des guirlandes électriques et des sapins aussi beaux que le nouveau billet de dix euros. Un bien bel effort visuel, reconnaissons-le. Pour les violences dans les manifestations, la sécurité des commerçants ou la politique culturelle : on verra plus tard (on ne peut pas tout faire non plus, un fonctionnaire reste un fonctionnaire). C’est ainsi, notre municipalité sait prendre les bonnes décisions qui s’imposent dans la mouvance de son époque : il apparaissait peu urgent de pérenniser notre expansion culturelle mais primordial de prolonger le métro jusqu’à 3h le week-end pour une poignée d’ados boutonneux à trois grammes. Heureusement, certains toulousains ayant encore le sens de l’initiative ont tenté, en vain, de racheter une partie de l’aéroport de Blagnac, qui risque d’appartenir bientôt aux chinois. En conséquence de quoi, il sera interdit de voyager avec son chien, puisque dans l’Empire du Milieu, on ne joue pas avec la nourriture.

 

« Juppé veut nous faire croire qu’il est jeune malgré les apparences »

 

Au niveau national, les choses ne demeurent guère plus réjouissantes. Les médias n’ont rien d’autre à faire sinon de lever la tête vers l’Angleterre pour regarder une ex-première dame vendre son chiffon sentimental, et par la même, désacraliser la fonction d’un Président qui n’a pas besoin de ça pour sombrer dans l’opinion publique. Pauvre spectacle indigne des Français mais tellement révélateur de notre époque, propice au voyeurisme. Heureusement, nos voisins anglais savent recevoir et ont, comme toujours, le sens de la courtoisie. Malgré leurs lacunes en gastronomie, les Britanniques conservent un certain sens littéraire, définissant l’ouvrage comme « pénible, atroce, vomitif, rempli de clichés lourds » avant de considérer son auteur comme « une prétentieuse narcissique à l’égo fragile ». Qu’il est bon de pouvoir compter sur son meilleur ennemi historique lorsqu’il daigne sortir de son splendide isolement !

 

Hormis tout ce tapage inutile, toujours la même limonade. La droite va hésiter pendant deux ans entre un ancien président qui jure avoir changé et un maire bordelais qui s’affiche dans les Inrocks et GQ pour nous faire croire qu’il est jeune malgré les apparences. Voilà où en est la politique de nos jours : un spectacle médiatique stakhanoviste dont nous sommes, malgré nous, les spectateurs forcés. Face à ce marasme politique et républicain, tapie dans l’ombre, l’extrême droite n’a qu’une chose à faire : ne rien dire et laisser ses concurrents creuser eux-mêmes leur tombe. C’est finalement peut-être ça le plus inquiétant.

 

[AS1]J’ai supprimé le tiret


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