Thomas Simonian
Thomas
Simonian

Une RTT pour un ciné

17h. C’est l’heure du goûter. Mais pas pour tout le monde. Une irréductible cinéphile résiste encore et toujours à la tentation de la tartine de chocolat. Quitte à s’étaler dans un canapé, autant le faire dans une salle de cinéma.

A l’affiche, Skyfall, Amour et d’autres films qui, comme le dicte l’air du temps, appliquent à merveille le «long» de la qualification long-métrage. Aventures intrépides et corps musclé, j’opte pour le dernier James Bond. 2h20, il va falloir tenir le coup.

Happée par l’intrigue du film, je ne m’aperçois pas que les minutes défilent. Les minutes puis les heures. Bagarres, scènes d’amour, émotions, tout s’enchaîne à une vitesse que je ne peux rattraper. Fourbe du temps ce 007.

C’est alors que la douce voix d’Adèle résonne dans l’antre de la salle de cinéma. Les spectateurs s’étirent, enfilent leur manteau avec mollesse et se préparent à sortir. Je jette un coup d’œil furtif sur ma montre. 19H55. J’observe plusieurs fois les aiguilles, me questionnant sur mes capacités de décryptage temporel. Plus de doute, David Pujadas va bientôt énumérer les gros titres.

Dehors, je percute enfin. La nuit est tombée sur les pavés de la rue. Quelques éclairages urbains tentent de percer l’obscurité. Mon ventre gronde. Je regrette de n’avoir croqué plus tôt dans une tartine de chocolat.

La loi des films qui durent, a toujours raison. On oublie l’horloge qui tourne, et on se prend la vérité temporelle en pleine poire à la sortie de la séance. Doux film, dure réalité.

 

Ariane Riou


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.