Jean François Laffont
Jean François
Laffont

Une nouvelle étape de la décentralisation  

La France souffre depuis trop longtemps de sa centralisation excessive, commencée sous l’empire des Rois, elle atteint son paroxysme sous la terreur, et elle a engendré un jacobinisme contre-productif en notre 21e siècle …

Longtemps il n’y eut point de salut hors de Paris et le « désert français » se nommait tristement « la Province » (ou « pays des vaincus en Latin !), ce qui allait de pair avec un abandon culturel et économique de nos régions au profit de la seule « ile de France »…

Heureusement grâce à François Mitterrand et les lois Defferre, depuis 1981 un long processus est en place et les régions, petit à petit, s’imposent comme l’échelon décisif pour engager le pays vers cette décentralisation indispensable afin de l’inscrire pleinement dans la construction européenne.

Chaque région a reçu vocation, malgré des budgets étriqués et leur peu de compétence, à nouer des liens avec ses voisines, voire à créer des « Euro-Régions » pleines de sens.

Et voilà que notre nouvelle « grande » région vient d’élire ses représentants, la liste menée par Carole Delga (PS-RDG) a emporté la décision après sa fusion avec celle de Gérard Onesta (EELV- Partit Occitan-front de Gauche).

Convergencia occitana qui regroupe l’ensemble du tissu associatif de la région toulousaine en matière de langue et culture occitanes a interrogé, pendant la campagne, les principaux candidats sur leur positionnement quant à ce qui nous semble être l’ADN culturel de cette nouvelle grande région : à savoir la langue occitane et sa culture que nous partageons de Toulouse à Montpellier (sans oublier le Catalan à Perpignan !).

« Puisse l’avenir confirmer les belles paroles, nous jugerons l’arbre à ses fruits »

Des réponses précises nous ont été apportées par Mme Delga et Mr Onesta et nous saluons l’élection de Patric Roux, élu du Partit Occitan dans l’Aude, ancien directeur de l’Estivada de Rodez, qui sera à n’en pas douter un de nos interlocuteurs privilégiés dans les années à venir.

Pour la première fois, le thème de la langue et culture originelle de ces territoires a semblé transcender les différences partisanes, tous se sont engagés à tout faire pour arrêter le déclin et pour faire rayonner cette culture et les valeurs qu’elle porte (Paratge et Convivencia dont nous avons tant besoin : le vivre ensemble historique de nos régions !).

Les semaines à venir vont nous éclairer sur l’organigramme et les accords que nos élus devront mettre en place pour faire fonctionner comme il se doit la démocratie dans l’hémicycle régional désormais installé à Toulouse, et pour la mise en œuvre d’une véritable politique linguistique totalement indispensable pour que l’UNESCO puisse retirer un jour l’Occitan de la liste des langues en danger de disparition.

Ce patrimoine de la France (article 78-1 de la constitution) est aussi patrimoine immatériel de l’humanité : nous en sommes tous responsables !

Puisse l’avenir confirmer les belles paroles, nous jugerons l’arbre à ses fruits, mais nous serons aussi des partenaires attentifs et constructifs pour aider nos nouveaux élus à écrire les nouvelles pages de l’histoire de ce beau et grand pays, qui pourra peut être prendre le beau nom de « Sud-Occitanie »…qui sait ?

 

 


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